‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 66 sur 174 · I. Gerlach, Denkwiirdigkeiten, I, p. i3o · texte numérisé non relu

I. Gerlach, Denkwiirdigkeiten, I, p. i3o

Il8 LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE 1 848

prince de Prusse. Le roi était presque décidé à octroyer une constitution. Ce « presque » ne devait être de longtemps franchi.

Dans une situation aussi grave, les délégations réunies à Berlin ne pouvaient être d'aucun secours ; il n'y avait qu'à les congédier. Le 6, Frédéric-Guillaume, accompagné du prince de Prusse et des ministres, prononçait solennellement leur clôture par un discours de son éloquence habituelle. « La Providence a fait surgir des événements qui menacent d'ébranler l'ordre social dans ses bases. Laissez toutes les querelles de parti et ne songez qu'à la seule chose nécessaire si nous voulons sortir avec honneur et succès de l'orage qui ne peut être conjuré, avec la grâce de Dieu, que par notre union, notre attitude et notre exemple. Groupez-vous comme un rnur d'airain avec une vive confiance, autour de votre roi, autour de votre meilleur ami. » Le >^ ministre de l'intérieur, Bodelschwingh, donna lecture d'une ordonnance qui assurait la périodicité du Landtag uni, limitait les attributions des délégations comme l'avait demandé le Landf tag et promettait une nouvelle ordonnance . constitutionnelle \ Cette charte ne devait paraître qu'en décembre.

1. Rônne, Das Slaalsrerht der preussischen Monarchie, ^'^ éd. y t. I, p. 34. Le roi, dans une autre ordonnance, avait promis la suppression de la censure.

LES PREMIERS TROUBLES

L'ordre r.égna encore^uelques jours ;i Berlin; mais on a remarqué que, ^tandis que le peuple commençait à s'agiter, les pouvoirs et la bourgeoisie restaient dans une coupable inaction '.(En taillant des réformes hardies, la monarchie prus- / sienne aurait pu .prendre la tète du double mou- / vement qui animait son peuple ; mouvement in- v térieur, libéral, réclamant une organisation parlementaire et des libertés publiques ; mouvement national, exigeant la mort du système de Metterniclî, le renouveau de l'Allemagn^ La périodicité du Landtag n'était qu'une « maigre concession w"; le Landtag uni n'était guère populaire, sa première session avait médiocrement réussi et donné peu de résultats; assurer son retour régulier ne donnait guère de force à la monarchie ; il aurait fallu aller plus loin et plils vite, et décréter sur-le-champ la réforme des principes constitutionnels, de fond en comble.

Mais Frédéric-Guillaume, esprit de rêves et» de chimères, était incapable d'une prompte action ; il n'avait pas, dans ses conseillers officiels, d'homme à décisions immédiates. Savigny, historien du droit, n'entendait pas la conduite des affaires présentes. Canitz, partisan des réformes, était un excellent serviteur mais qui n'aurait pu

1. Blum, Die deulsclie Révolution 18/18-^9, p. lOi ; Biedermann, Geschichte, loc. cit., p. 238.

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