‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 8 sur 174 · Treitsciike, Deutsche Geschichte, II, p. 38 et suiv · texte numérisé non relu

Treitsciike, Deutsche Geschichte, II, p. 38 et suiv

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les efforts de Metteriilch pour entraver tout mouvement libéraP ; c'était le temps de l'héffémonie autrichienne et la cour de Vienne dominait tous les monarques allemands par la terreur des innovations ; Metternich sapait soigneusement tout ce qui pouvait avoir une nuance libérale et lors du Congrès d'Aix-la-Chapelle, il dirigeait de graves avertissements contre la future constitution de la Prusse : « La représentation centrale par des députés du peuple, écrivait-il au prince Wittgenstein, serait la dissolution de l'Etat prussien. Un tel changement ne peut se produire, dans un État,. sans révolution ou sans conduire h la révolution. L'État prussien, dans sa situation géographique, n'est pas susceptible d'une représentation nationale; il a besoin avant tout d'une force militaire indépendante, et celle-ci est incompatible avec une représentation centrale ^. » L'acte final du Congrès de Vienne, le i5 mai 1820, reflétait ces idées dans son article 55 en décidant que l'octroi d'institutions parlementaires était pour chaque Etat une affaire intérieure, laissée à la libre appréciation des princes souverains ; dépouillé de tout artifice, ce texte

1. Biedermann, Geschichte Deutschlands, 1815-1871, 2" partie, t. I, p. 176.

2. Blum, [, p. 90. A la même époque, Metternich adressait à Hardenberg deux notes insistant sur l'organisation provinciale qu'il fallait donner à la Prusse.

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était labrogation tacite de Tartiole i3 de l'acte fédéral de i8i5.

Pourtant, en Prusse, la bourgeoisie prott^stait ; dès le mois d'octobre 1817, les citoyens de Coblence demandaient l'accomplissement des promesses royales : la réponse de la couronne fut simple et se borna à cette remarque qu'aucun délai n'était imparti pour l'octroi d'une constitution. Mais diverses protestations s'étant élevées, une ordonnance du ly janvier 1S20 sur la dette publique', rappelant une fois de plus les promesses de 181 5, garantit qu' ((à l'avenir si le gouvernement était dans la nécessité de faire un nouvel emprunt, il ne le pourrait qu'avec l'assistance et sous la garantie des Etats du royaume ».

A force de promettre, on devait aboutir à donner quelque chose ; mais le résultat était mince et n'atteignait pas les légitimes espérances du peuple prussien. Le 5 juin 1820 paraissait une ordonnance" qui , d'après son exposé de motifs, « reconstituait les Etats provinciaux dans l'esprit des vieilles constitutions allemandes ».

I. Verordnungr wegen der kiinftigen Behandlnng des gcsammten Staalsschuldenwesens. Geset;-Suiniulunij, 1820, p. y.

3. Gesetz-Sammlum), i823, p. 129; Arndt, Die Verfassungs-U rkunde fiir den preussischen Staat, p. 4 ; Ronne, I,p. 27 ; Hillebrand, La Prusse contemporaine et ses institutions, p. i38 et suiv.

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Ces Etats recevaient en délibération, mais avec voix consultative seulement, les projets de loi concernant leur province, ou ceux qui, d'un intérêt général, modifieraient les droits personnels ou de propriété et le réfrime des impôts; ils pouvaient émettre des vœux d'un intérêt provincial ou local; ils délibéraient enfin sur les intérêts communaux. Les assemblées provinciales représentaient la seule propriété foncière, divisée en trois classes ; la première composée des propriétaires de biens nobles [Herrenstand und Bittersc/iaft)^ ; la seconde, des propriétaires de biens bourgeois des villes ; la troisième, des possesseurs de biens non nobles de la campagne, les paysans. Tous les citoyens qui n'étaient pas propriétaires d'immeubles étaient par là exclus de la vie politique, soit comme électeurs, soit comme députés. C'était bien « l'esprit des vieilles institutions allemandes », qu'annonçait lepréambule de l'ordonnance.

Ainsi les promesses renouvelées avec solennité pendant quinze ans aboutissaient ;i une médiocre organisation provinciale; au lieu d'une « représentation nationale », la Prusse avait huit assemblées séparées, divisées elles-mêmes en trois classes et dont on cultivait l'esprit réactionnaire

I. Dans quatre provinces, cette première classe était divisée en deux et l'assemblée se composait ainsi de quatre Etats.

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par une organisation bizarre, pastiche du moyen âge. La déception fut profonde ; elle s'étendait à tous les Etats allemands.

En faisant d'enthousiasme l'effort de la guerre d'indépendance, tout Allemand était encouragé par une double espérance : l'unité de la patrie allemande, une certaine liberté politique.

L'idée d'une patrie allemande avait passé des « hommes des Universités » (ainsi que les désignait dédaigneusement le prince de Metternich) dans le peuple entier'. L'unité de la patrie était devenue une foi, une religion poussée jusqu'au fanatisme. « Partout où des familles allemandes vivent les unes près des autres, déclarait alors un patriote, depuis l'Alsace jusqu'à la Livonie, depuis les Grisons jusqu'au Schleswig, la langue, les mœurs, le génie du peuple demandent qu'il y ait une forme politique commune... A l'intérieur de ces frontières, il ne faut plus qu'une seule langue et un seul idéal politique ». Au lieu de cette unité grandiose, on se trouva en présence du manteau d'Arlequin des trente-neuf Etats allemands, découpés à l'arbitraire et comme à coups de ciseaux. A la place d'un gouvernement central, entraînant toute une nation dans un même élan, on vit reparaître la Diète de Francfort, somnolente et engourdie,

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