‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 85 sur 174 · Rachfahl, loc. cit., p. a^i · texte numérisé non relu

Rachfahl, loc. cit., p. a^i

constitution », le comte Schwerin et M. Alfred d'Auerswald ', célèbres par leur rôle au Landtag uni, eurent les cultes et l'intérieur, Kiihne, directeur général des contributions, reçut les finances. Des ordonnances postérieures complétèrent le cabinet : Louis Camphausen, chef des libéraux rhénans, lui apporta l'appui de sa popularité ; le jurisconsulte Bornemann fut appelé à la justice, et le baron Henri d'Arnim, jadis ambassadeur à Paris, aux affaires étrangères à la place du comte d'Arnim-Boitzenburg qui conserva la présidence du conseil sans portefeuille-. C'étaient là des hommes aimés du peuple, presque tous connus par leurs discours à la diète de 1847, ^^ leurs noms furent accueillis par de joyeuses exclamations.

La foule se pressait sur la place du château

1. Il y avait trois frères Auerswald : l'aîné, Jean-Adolphe, général, député au Parlement de Francfort, a été assassiné dans cette ville le 18 septembre i848 ; le second, Rodolphe, d'abord militaire puis fonctionnaire, était en i848 membre du Landtag uni et président supérieur de la province de Prusse, le 20 juin, il remplaça Camphausen à la présidence du Conseil des ministres; le troisième, Alfred, également administrateur et membre du Landtag uni, avait joué un rôle considérable à la session de 18^7 ; il fut ministre du i8 mars au 25 juin i848. Brockhaus, Konversations-Lexilion, i4^ éd., t. I, p. 81-82.

2. Cette série d'ordonnances est assez embrouillée; elle est bien analysée par Rônne, loc cit., p. 3(3, note 3, b, a, [3, y. Le comte d'Arnim-Boitzenburg et Kûhne ne restèrent que dix jours au pouvoir. — Le 3 mai, le général von Ganitz reçut le portefeuille de la guerre.

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que les troupes avaient abandonnée ; ses sentiments étalent divers : à la joie de la victoire et des concessions royales, se joignaient la surexcitation de la lutte, la douleur des familles et amis des victimes; dans la nuit, 280 civils avaient été tués, les troupes avaient perdu 20 hommes'; les blessés étaient infiniment plus nombreux.

La colère et le chagrin l'emportèrent; sur des civières on apporte des cadavres ; leurs plaies sont a nu, des couronnes de feuillage et de fleurs les entourent; leurs parents, leurs camarades de lutte les accompagnent et proclament leurs noms, le nombre des orphelins qu'ils laissent. Puis soudain le cri s'élève : « Le roi doit venir. » Le monarque tarde, le comte Schwerin, le prince Félix Lichnowsky essaient vainement de calmer et d'attendrir le peuple ; les cris montent plus impérieux ; on réclame le roi et la reine ; Frédéric-Guillaume paraît au balcon, la reine tremble fn son bras. « Chapeau bas », exige le peuple, et le souverain se découvre. « Qu'ils descendent! » La reine s'évanouit, le roi descend dans la cour du château et s'incline devant les cadavres. Le prince de Prusse était parti pour Babelsberg-. Et cependant la foule, nu tète, d'une seule

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