‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 86 sur 174 · I.KS JOURKKES DE MARS I^Q · texte numérisé non relu

I.KS JOURKKES DE MARS I^Q

voix, enlonuait le choral : « Jésus, mon assurance. »

Lesjournées suivantes appartiennent à la populace ; elle s'installe en maîtresse clans Berlin. Sur le palais du prince de Prusse, — on l'appelait Karuitschenprinz , — on écrit h la craie : « Propriété nationale » ; une commission des pétitions, instituée de sa seule autorité, s'y installe ets'ygoberge pendant plusieurs jours. Le magasin d'un gantier, Wernicke qui passait pour indicateur de police, est pillé et les marchandises brûlées. On saccage la maison du major Preuss, qui avait désigné aux troupes le refuge d'une trentaine d'insurgés. Les administrations, — la vieille bureaucratie prussienne, — sont en désarroi ; le président de police, Minutoli, va au château avec une délégation demander l'armement du peuple. Une satisfaction partielle est donnée à cette réclamation, six mille fusils sont remis aux bourgeois. Legénéral von Prittwitz, redoutant un nouveau conflit, donne les ordres pour retirer de Berlin presque toutes les troupes qui y étaient restées. On exige du roi la o-râce des Polonais condamnés en décembre, pour haute trahison ; ils sortent immédiatement de la prison de Moabit, leur chef, Mierolawski, en tète, et vont remercier le roi qui paraît au balcon, agitant sa casquette en signe de joie.

Le prince de Prusse reçoit de son frère leçon-

lÔO LA PRDSSE ET LA RÉVOLUTION DE l848

seil d'aller voyager en Angleterre' « pour expliquer à la cour amie, les événements et l'état des choses^, et étudier les institutions maritimes de l'Angleterre \ » 11 quitte, le 22 mars, l'ile des Paons ^, alors que le jeune et bouillant Bismarck- Schônhausen cherche vainement à l'atteindre pour lui demander « de délivrer le roi prisonnier » de son peuple ; il gagne dans une lourde voiture, par des chemins détournés, la frontière de Mecklembourg ; à Grabow, sur la frontière, il est reconnu, évite à peine une manifestation hostile, parvient avec difficulté à la mer. Il s'installe à I Londres ; il y retrouve Metternich et Guizot. Le roi ne comprit pas tout d'abord quelle atteinte avait reçue la couronne prussienne ; la réaction ne se produisit qu'après plusieurs jours. Le 21 mars au matin, sur les murs de Berlin on lisait un placard « à la nation allemande », anonyme, mais que le style signait Frédéric-Guillaume. « Une nouvelle et glorieuse histoire commence aujourd'hui. Vous serez à nouveau une

1. Le bruit s'était répandu à Berlin que le prince de Prusse allait rentrer à la tète de troupes russes, et l'alarme avait été donnée aux schiilzbiirger (Correspondance de V Indépendance belge). Roon alErme que la tète du prince avait été mise à prix. Blum, Fûrst Bismarck, I, p. 127.

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