‹ La Pseudo-Paralysie Générale Cérébro-scléreuseChapitre 17 sur 29 · OBSERVATION Î[ (PERSONNELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î[ (PERSONNELLE

Résumé.— Homme, quarante-neuf ans. Depuis cinq ans, tournements de tète, céphalées, éblouissements, état hypocondriaque. Actuellement, troubles de la mémoire, affaiblissement intellectuel, euphorie, indifférence. JInégalité et irrégularité pupillaires, tremblement des muscles faciaux et de la langue, instabilité des doigts, réflexes tendineux vifs, difficulté de la répétition des mots. Pas de lymphocytose céphalo-rachidienne. Réaction de Wassermann négative.

B..., quarante-neuf ans et demi, chaudronnier sur cuivre.

Pour les renseignements concernant ses antécédents et l’histoire de sa maladie, nous sommes entièrement livré aux dires du malade, sans contrôle possible. Nous ne croyons pas cependant devoir les suspecter, car ils ont toujours été émis sans hésitation et avec précision, ils ne se sont jamais contredits et, par ailleurs, il ne nous a pas été donné de mettre sa mémoire en défaut, ainsi que le démontrera la suite de l'observation. À

Antécédents héréditaires. — Le malade a seulement entendu parler de son grand-père paternel qui serait mort accidentellement ; il ne saitrien de sa grand'mère paternelle. Il a connu ses grands-parents maternels ; ils seraient morts âgés. Son père serait mortaccidentellement à cinquante etun ans ; il se serait toujours bien porté, à part quelques migraines. Sa mère sé serait toujours bien portée jusqu'à quarante ans ; à cel àge

DE Ve elle contracte les fièvres intermittentes (?) et meurt peu après d'un « cancer sur le côté » (?) B... n'a jamais ouï dire qu'il y ait eu dans sa famille de maladies nerveuses ou mentales.

Antécédents collatéraur. — Deux frères qui jouissent d’une excellente santé ; l'un a quarante-quatre et l’autre vingt-neuf ans ; une sœur morte à l’âge de deux ans, le malade ne sait de quoi. Il ne croit pas que sa mère ait jamais fait de fausses couches.

Antécédents personnels. — I a entendu dire à sa mère qu'il aurait eu le ventre ballonné vers un ou deux ans, parce qu'on l’avait fait manger trop tôt. Enfance assez chélive, sans maladie cependant. Po... ne fait pas de service militaire, étant soutien de famille ; mais plus tard il fcra ses 28 et 13 jours allègrement et sans fatigue. Son adolescence et le début de son âge adulte ne sont guère tourmentés que par quelques maux de tète et deux écoulements urétraux (à dix-huit et à vingtdeux ans), qui durent l’un et l’autre environ trois semaines chacun.

C'est vers cette époque que Po... commence à exercer son métier de chaudronnier sur cuivre qui l’oblige à manier la céruse, quelquelois à deux et trois reprises dans la même journée ; son passé, sondé soigucusement, ne nous révèle cependant pas d'accidents saturnins jusqu'à ce jour. À joindre à cette cause d'intoxication l'habitude qu'il prend de boire jusqu’à trois litres de vin par jour et des apéritifs de temps à autre. Par ailleurs, il ne nous avoue aucun autre motif d'usure; peu d'émotions dans son existence, guère d'occasions d’aulo-intoxicalion intestinale, il fume modérément et surtout nie énergiquement avoir jamais eu la syphilis.

En 1894, le 7 avril, pour préciser comme il le fait lui-même, une explosion de vapeur projette du charbon de terre (?) sur sa figure ; le côté gauche du visage est surtout atteint et principalement l’œil dont la cornée aurait été entamée. Po... est transporté sans connaissance à l'hôpital où il reste trois semaines.

C'est à peu près à cette même date qu'il se marie (il avait alors trente-trois ans); sa femme aurait actuellement une cardiopathie qui, d'ailleurs, ne l'empêcherail pas de travailler. Elle n'a jamais eu de fausses couches, mais a porté à terme trois enfants dont l'ainée, fillette de quatorze ans, est bien portanteet bien intelligente, le second,

garçon de neuf ans, se porte bien quoique de taille médiocre et d’appa-

Fe 6 y rence chétive (sans doute, croit Po..., parce que sa nourrice lui a fait boire du vin blanc lorsqu'il avait deux ans) ; quant au troisième, bébé de huit à dix mois, il serait mort d’une difformité à la tête dont le malade nous explique mal l'origine et la nature.

Il y à cinq ans, Po... a eu une maladie de foie diagnostiquée par un médecin qu’il nous cite ; il a le ventre ballonné et ne peut uriner. Une paracentèse donne issue à six litres de liquide. Le malade suit un traitement dont le régime lacté, des lavements et une poudre blanche font les principaux frais et un mois et demi après il reprenait son travail, guéri, sans autre ponction. Cependant son médecin lui maintenait le régime lacté qu'il a suivi jusqu'à ces temps derniers, à raison de trois litres de lait tous les soirs ; de même il a renoncé aux apéritifs, mais a repris l'usage du vin, quoique en très faible quantité.

Histoire de la maladie actuelle. — Remis de sa maladie de foie, Po... aurait alors joui de la plus parfaite santé. Et cependant c’est à cette époque qu'il faudrait faire remonter le début des troubles dont il se plaint actuellement, mais qui furent tout d’abord si légers que le malade en élait à peine incommodé. Ce furent, en premier lieu, des « tournements de tête » qui survenaient ordinairement le matin à son lever ou une heure environ après, très rarement le soir et ne duraient guère plus de quelques minutes ; puis ces « tournements de tête » augmentèrent de fréquence, d'intensité, de durée (ne passant quelquelois qu’au bout d'une heure ou deux) et s’accompagnèrent de bouflées de chaleur à la tête. Il était alors obligé de s'asseoir, mais ne tomba jamais et jamais ne perdit connaissance. Ces vertiges le prenaient brusquement, surtout quand il baissait la tête, mais ne disparaissaient que lentement. Malgré ces indispositions passagères, notre malade continuait son métier aussi adroitement que par le passé et jamais il ne gàcha d'ouvrage. :

Le 29 août dernier cependant {c'est toujours lui qui précise) il dut s'arrêter brusquement de travailler à la suile d’un vertige beaucoup plus violent que les autres. Ce vertige dura deux heures et demie et le força à s’aliter ; il eut un vomissement, des sueurs froides, de la céphatalgie occipitale; il dut garder le lit toute la journée. Comme deux iours après il n'allait pas mieux, il fit appeler le docteur Tr... qui lui prescrivit deux mouches sur la nuque, des cachets et un vin composé,

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Cependant Po... continuait à souffrir de la tête tous les jours ; à vrai dire c'était plutôt une « pesanteur de tête », surtout occipitale, qu'une douleur véritable : il n'eut jamais d’élancements. Cette céphalalgie ne le quittait pas de toute la journée ; la nuit, il dormait les quatre ou cinq premières heures, mais comme depuis quelque temps il devait se lever vers une heure du matin poururiner, à ce moment il était repris de ses maux de tête qui le tenaient éveillé jusqu’au matin.

Les vertiges reparurent également, mais beaucoup plus rares ; depuis le 29 août Po... n’en a eu que trois, toujours sans chute ni perte de connaissance ; le dernier seul l'obligea à prendre le lit et dura deux heures. Jamais il ne constata après ces vertiges soit de l'embarras de la parole, soit de la maladresse d'un membre, soit de l’engourdissement ou des douleurs localisées à un côté du corps. Certes, ces vertiges le laissaient dans un état de lassitude générale, surtout marqué pour les membres inférieurs; mais jamais il ne remarqua qu'un côté était devenu plus faible que l’autre et toujours, le mauvais moment passé, il put recommencer à marcher. à

Ces derniers temps seraient survenus, en outre : d’abord des éblouissements, assez rares et qui duraient peu ; ensuite des tendances à dormir, surtout après les repas (plusieurs fois il lui arriva de s’assoupir sur sa chaise après diner); enfin un semblant de neurasthénie constitué par une tristesse vague, de l'inquiétude sur sa faiblesse physique, une sorte de concentration pénible sur lui-même et aussi une certaine anxiété au sujet de ses «tournements de tête » qu'il craignait de voir revenir à chaque instant. Cet état de neurasthénie était surtout prononcé le matin vers les huit heures.

Le 10 octobre, Po... ne travaillait plus depuis un mois et demi et depuis un mois et demi suivait le traitement du docteur Tr... sans en ressentir de bienfaisants effets. C'est alors qu'il vint consulter M. le Professeur agrégé Abadie, le 10 octobre 1910 : on constata ce qui suit, copié du cahier de consultations tenu par l’externe de service :

« Troubles de la mémoire. Phonation modifiée dans son type. Faiblesse généralisée. Tremblement de la langue ; frémissement de l’orbiculaire des lèvres. Inégalité pupillaire (la droite est plus grande). Irrégularité pupillaire à gauche. Réflexes iriens à l'accommodation et à la lumière conservés. Réflexe rotulien plus vif à gauche qu’à droite :

réflexe achilléen normal à droite, vif à gauche. Le malade, les yeux fermés, est instable quand il ne repose que sur un pied. Instabilité des doigts; mouvements personnels des doigts. De temps en temps, on constate un sourire qui s'épanouit sans cause. Radiale dure, avec tension augmentée ; battements de l’humérale visibles à distance; on ne perçoit pas la crosse de l'aorte ; deuxième bruit plus fort que normalement. Le foie, à la percussion, remonte à la quatrième côte. Rate perculable, Compte bien les chiffres à rebours. Indifférence relative. »

M. Abadie conseille à Po. d'entrer à l'hôpital. Il s’y résout le lendemain matin, passe dix-sept jours dans le service de M. le Professeur Pitres et en sort le 28 octobre dernier, amélioré, de son propre aveu: « La tête ne me faisait plus mal; j'avais davantage de forces dans les jambes. »

Depuis sa sortie Po... n’a pas encore repris son travail ; le mieux a cependant persisté. Plus de céphalalgies depuis qu’il est rentré chez lui ; un seul vertige, encore a-t-il été léger et n'a-til duré que deux minutes enviçon.

Nous voyons Po... pour la première fois le 12 novembre et nous lui conseillons de revenir se reposer quelques jours encore à la salle 16. IL y consent. Des interrogatoires auxquels nous le soumeltons et des examens que nous lui faisons subir dans cette salle, lit 28, voici les constatations que nous retirons :

Etat actuel. — Po... est un homme de taille moyenne, robuste, de forte corpulence et d’un réel embonpoint. Il porte son âge (quaranteneuf ans et demi), mais pas plus. La figure, un peu pâle, porte des tatouages bleus, d’ailleurs presque punctiformes, dus sans doute aux grains de charbon qui lui furent projetés à la face en 1894. Le teint est mat, les chairs un peu flasques. La physionomie, par suite d’un effacement léger des plis cutanés, n'est guère expressive. Les cheveux noirsparsemés de quelques poils blancs, sont abondants et bien plantés. Le cuir chevelu présente une sécrétion séborrhéique normale, mais quel, ques rougeurs diffuses çà et là et dont l'une empiète sur la moitié droite du front. Celui-ci est barré de quatre ou cinq plis transversaux, à peu près parallèles, également accusés à droite et à gauche. Les sourcils, noirs, ne sont pas très fournis. La paupière droite est un peu tombante. Le malade ferme bien les deux paupières et oppose une égale

résistance de chaque côté lorsqu'on veut les lui ouvrir. Pas de tremblement de l’orbiculaire des paupières. Le réflexe conjonctival est très diminué des deux côtés. Trainées de tissu adipeux sur la conjonctive bulbaire, des deux côtés. Les yeux n’ont guère d'éclat, mais ont leur humidité normale. Pas de déviation de l'axe des globes. Le malade peut les tourner de tous les côtés. Pas de nystagmus. Arc sénile à la partie supérieure des iris. Les pupilles ont un contour régulier, cependant la gauche est aplatie de haut en bas. Elles sont inégales; la droite a ses dimensions normales, la gauche est en myosis. Elles se contractent bien à la lumière, à l'accommodation, à la convergence et se dilatent à la douleur.

La tension des globes oculaires est normale. La sclérotique de l'œil droit porte deux tatouages punctiformes (l’un en dedans, l’autre en dehors de la cornée) analogues à ceux signalés plus haut sur le visage et reconnaissant sans doute la même origine.

Le pli labio-génien droit est un peu plus accusé que le gauche La narine gauche est un peu moins ouverte et un peu plus aplatie transversalement que la droite.

La bouche fermée n’est pas déviée; lorsque le malade l’ouvre on ne constate pas de déviation oblique ovalaire, mais on remarque un tremblement très net de l’orbiculaire des lèvres, des zygomatiques et du menton, d'autant plus appréciable que le malade tient la bouche ouverte plus longtemps. Les dents sont en mauvais état, beaucoup manquent; les autres sont tapissées de tartre, certaines cariées, mais aucune déchaussée.

La langue, tenue dans la bouche, est instable et présente çà et là quelques tremblements fibrillaires. Dit-on au malade de la tirer au dehors, on constate qu'il peut difficilement l’immobiliser dans cette position; on constate également quelques mouvements en trombone, surtout lorsqu'il la sort et qu’il la rentre; c’est aussi à ces moments que s’exagèrent les secousses alaxiformes mentionnées plus haut, de l’orbiculaire des lèvres, des zygomatiques et du menton.

Si on dit au malade de prononcer en la soutenant la voyelle a, de façon à explorer son arrière-gorge, on constate que l’ogive formée par les piliers du voile du palais est régulière, que le voile se contracte bien et que la luette n’est point dévicée,

1 es

Les oreilles ont une forme et une coloration normales.

La saillie formée par les fibres du peaucier est égale des deux côtés quand on s'oppose aux mouvements de flexion de la tête.

Le thorax est tronconique, à grande base inférieure. Le diaphragme se contracte bien. L'abdomen est volumineux et distendn, uniformément sonore à la percussion, recouvert d'un épais pannicule adipeux.

Les membres sont volumineux, gros et bien musclés; tous les mouvements sont possibles sans raideur; ils résistent également bien des deux côtés aux mouvements communiqués; ils ont un système pileux normalement développé, une peau saine sans cicatrices suspecles, une coloration et une température satisfaisantes.

IL n'existe pas de tremblement généralisé, mais, dit-on au malade d'étendre la main dans la position du serment, les doigts tenus écartés, on constate un peu d’instabilité de la main tout entière (surtout visible à droite) et des mouvements de latéralité des doigts (surtout le médius). Invite-t-on le malade à lisser sa moustache, la main tremble encore un peu (surtout la droite).

De même, les mouvements accusent une très légère maladresse quand on dit au malade de boutonner son gilet, par exemple. Par contre, les mouvements associés s’elfectuent correctement : c'est avec la plus grande aisance que le malade ouvre la bouche et ferme les yeux simnltanément au commandement.

Le malade se dit encore capable de grands efforts isolés; mais il craint de se fatiguer vite.

La marche est normale, posée et ferme. Les pas ont leur longueur normale; le pied se soulève bien. P... s'arrête et se retourne au commandement comme un homme ordinaire. Cependant il ne peut se tenir que difficilement sur un pied, les yeux ouverts, et à plus forte raison les yeux fermés.

Les réflexes des membres supérieurs (tendineux et périostés) sont vifs; vives également les réactions musculaires à la percussion. Les réflexes tendineux des membres inférieurs sont vifs (achilléen et rotulien). Pas de clonus du pied ni de la rotule; faible réaction au chatouillement et au grattage de la plante du pied; pas de Kernig; le sens stéréognostique et le sens kinesthésique sont intacts.

La sensibilité est conservée sur toute la surface tégumentaire pour le

contact, la piqüre, le pincement et la température. Le malade ne distingue cependant pas toujours très bien une piqûre d’un contact. Pas d'erreurs de localisation, ni de retard dans les perceptions. La sensibilité des globes oculaires à la pression est diminuée, surtout à droite ; diminuée également la sensibilité trachéale. Les autres sensibilités profondes (épigastrique, testiculaire, osseuse, articulaire et tendineuse) sont intactes. La pression du cubilal dans la gouttière épitrochléo-olécranienne est normalement douloureuse. Pas de douleurs spontanées, pas de névralgies, pas de paresthésies.

Les réfleres cutanés (abdominaux et crémastériens) sont à peine perceptibles.

Organes des sens. — L’'acuité visuelle est diminuée. Pas d'achromatopsie. L'ouie est également inférieure ; il nous faut partois répéter deux et trois fois notre question pour nous faire entendre ; l'oreille droite est la plus atteinte. L'odorat est diminué pour la narine droite. Le got est conservé, de même que le tact. Jamais d'hallucinations des appareils sensoriels.

La trophicilé ne présente aucun trouble.

Appareil digestif. — L'appétit est bon; la langue est bonne; la déglutition est normale ; l'estomac paraît dilaté à la percussion ; Po... ne se plaint cependant pas de ses digestions ; jamais de nausées, de vomissements, de gastralgies ; trois selles en moyenne par jour, fermes et peu abondantes; pas d’hémorroïdes. Le bord supérieur du foie remonte à la quatrième côte pendant l'expiration ; le bord inférieur, à la percussion, se révèle au-dessus des fausses côtes ; pas d’ascite. Rate percutable.

Appareil respiratoire. — Po... tousse un peu. Il y a quelque temps, il mouchait vert. Actuellement, plus de sécrétion nasale. Pas d’expectoration. Jamais d'hémoptysies. Pas de signes stéthoscopiques autres qu'une légère obscurité respiratoire généralisée. Jamais de dyspnée, même d'effort.

Appareil circulatoire. — Aire de matité du cœur normale. Bruits normaux dans leur intensité, leur fréquence et leur rythme. Pas de bruits surajoutés. On sent battre les sous-clavières dans les triangles sus-claviculaires, mais on ne sent pas l'aorte derrière la fourchette sternale, Aire de matité des gros vaisseaux normale. On voit battre les

nu

humérales à la partie inférieure de la face interne du bras. Les radiales sont tendues ; elles battent à 68 lorsque le malade est couché et à 72 lorsqu'il est debout. Jamais de palpitations, d'anxiété, de cryesthésie, de doigt mort, de crampes au mollet ou au cou, de bourdonnements, de prurit. Le malade ne ressent plus ses bouffées d'hyperhémie céphalique, ses vertiges ni ses brouillards d'autrefois.

Appareil génito-urinaire. — Le malade urine par jour deux litres environ d'urine claire. Ni sucre ni albumine, Un peu de pollakiurie. Il doit se lever une fois la nuit pour uriner. La miclion est facile. Les envies d’uriner lui arrivent assez brusquement ; cependant il peut se retenir et n’a jamais uriné sous lui. Pas d'écoulement urétral. Pas de traces suspectes sur le gland ou le prépuce. Les érections se maintiennent satisfaisantes et surprennent assez souvent le réveil du malade, Il peut se livrer facilement au coït deux fois par semaine.

Sécrétions. — Les sécrétions sudorale et nasale sont normales. Po.:. semble indiquer qu'il y a quinze jours il aurait présenté pendant quelques jours des crises d’ailleurs assez mal caractérisées et peu abondantes de sialorrhée.

Le sommeil est calme. Pas de cauchemars ni de sueurs nocturnes. A moins de tendance qu'autrefois à somnoler la journée.

La parole spontanée est facile, sans accrocs. Po... comprend bien nos questions et y répond correctement. S'il fait répéter parlois ce qu’on lui demande, c’est, ainsi que nous l'avons vu plus haut, parce qu'il est dur d’orcille. Il ne cherche pas trop ses mots, construit bien ses phrases, exprime clairement ce qu’il veut dire. Le ton est monotone. Le débit n’est ni ralenti ni précipité.

La répétition des mots, par contre, est défectueuse. On fait dire successivement à Po... « inamovibilité », «incompatibilité », «inaliénabilité» ; il n’y parvient pas facilement; on constate des accrocs, des élisions, des inversions et des suppressions de syllabes. Ilrépète correctement «inconstitutionnellement ». On lui propose : « Je suis brigadierfourrier au 44° régiment d'artillerie». Il dit: « Je suis brigadier-fourrier… Comment avez-vous dit ? » On lui répète la phrase, il reprend: « Je suis brigadier-fourrier au 14° régiment de... d'artillerie ». Un autre jour on le prie de répéter la même formule, qu'on lui redit, il prononce: « Je suis d'artillerie au #° régiment d'artillerie, »

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