‹ La Pseudo-Paralysie Générale Cérébro-scléreuseChapitre 22 sur 29 · CETTE ARTÉRIO-SCLÉROSE A DES DÉTERMINATIONS CÉRÉ- BRALES · texte numérisé non relu

CETTE ARTÉRIO-SCLÉROSE A DES DÉTERMINATIONS CÉRÉ- BRALES

Nos malades ont de la céphalalgie (Obs. F, IT, IV, VI, VID) souvent occipitale (Obs. I, VI, VIT), des éblouissements (Obs. 1), des dispositions neurasthéniques (Obs. T), des préoccupalions hypocondriaques (Obs.IE, IV, VI, VIT), de la fatigue survenant rapidement après le moindre travail (Obs. FE, IV, VI), de la somnolence diurne, surtout après les repas (Obs. T, II, IV), de l’insomnie nocturne (Obs. IT, IT, IV), un caractère devenu irritahle (Obs. 1, IF, IV), de lémotivité exagcrée (Obs, IT).

D'’aucuns ont eu des ictus, incomplets et passagers, comme on en voit si fréquemment dans la cérébro-sclérose, avec (Obs. VII) ou sans perte de connaissance (Obs. IT, V); tantôt c'est une crise épileptiforme (Obs. VIT), tantôt une altaque

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apoplectiforme (Obs. IT, VIT. A ces ictus succèdent soit de l’'aphasie sensorielle (surdité verbale de Ve... Obs. V), soit de la paraphasie (Obs. IT, IT, VIT), soit même de la paragraphie (Obs. VIT), soit encore de l'hémiparésie (Obs. IH, VIT : la caractéristique de ces reliquats est qu'ils sont légers, frustes, incomplets, transitoires. L'hémiparésie s'accompagne, le plus ordinairement, d’une vivacité plus grande des réflexes lendineux du côté parésié (Obs. IT, VIT), d’une diminution parallèle des réflexes cutanés (Obs. ID), d'une augmentation des réflexes périostés (Obs. IT), de clonus du pied et de la rotule (Obs. IT), de diminution du sens stéréognoslique (Obs. IT, VID et du sens kinesthésique (Obs. ID.

À côlé de ces ictus, nous trouvons des vertiges plus ou moins prolongés, plus ou moins violents (Obs. I, IV, VD et l'on sait que pour certains auteurs (Grasset, par exemple) les vertiges sont des équivalents des ictus, des ictus avortés, chez les cérébro-scléreux.

Nous trouvons enfin dans nos observations des détails qui traduisent soit une irrilation anormale du faisceau pyramidal chez nos malades, par exemple l’exagéralion, en dehors de Lout iclus et de toute hémiparésie, des réflexes tendineux des deux côlés du corps (Obs. I, IT, IT, V, VI, VIT), des réflexes périostés (Obs. F, Il), des réactions musculaires à la percussion (Obs. I, Il), une ébauche de clonus des deux rolules (Obs. IT), une ébauche du signe de Kernig; soit un déficit — tout au moins fonctionnel — de l'écorce grise, comme la diminution du sens stéréognostique pour les deux mains (Obs. V); soit enfin, une altération des voies d’associalion motrice, comme la marche à petits pas (Obs. V, VI). Or celte irrilation, ce déficit, cette altération, du moins selon ce mode et dans celte mesure, sont le plus fréquemment actionnés par la cérébro-sclérose d'origine vasculaire.

Avons-nous suffisamment démontré que nos malades étaient des artério-scléreux cérébraux et n'est-il pas tout naturel d'admettre que cette sclérose qui a si généralement touché leurs artères périphériques et leurs viscères et si pro-

fondément ravagé leurs centres nerveux ne saurait être étrangère aux manifestations de paralysie générale qu'ils présentent à côlé des autres troubles encéphaliques ?

Cette interprétalion se légitime d'autant plus que le tableau paralylique est né, le plns souvent, et s’est développé en mème lemps que le reste des symplômes nerveux dont il a reflété les oscillations et les fluctuations. C'est le cas, par exemple, pour Mne B..., Ba..…., Ve.…., Dus..…. (Obs. II, IV, V, VD), Avec chaque amélioration des manifestations nerveuses banales coïncidait le plus souvent un amendement des symptômes paralyliques et celle coïncidence ne prouve-t-elle pas justement que ces manifestalions et ces symptômes reconnaissent dans les cas qui nous occupent la même cause : l'artério-sclérose cérébrale ?

3° LE TABLEAU PARALYTIQUE S'EST MODIFIÉ DANS LE MÈME SENS QUE LES AUTRES DÉTERMINATIONS CÉRÉBRALES DE L'ARTÉ- RIO-SCLÉROSE SOUS L'INFLUENCE D'UN TRAITEMENT HYPOTEN- SEUR. — On a certainement remarqué dans nos observations combien le repos, le simple repos au lit et à l'hôpital, a amélioré deux de nos malades (Po... et Mme B.., Obs. I et ID; l'éloignement du milieu familial, l’absence de soucis et de contrariétés, le calme, la station plus fréquemment horizontale, un régime choisi et peu toxique, une hygiène spéciale, un traitement médicamenteux approprié en même temps qu'ils abaissaient la tension artérielle de nos sujets modifiaient leurs symptômes psychiques et physiques et déterminaient une amélioration saisissante de leur étal. Cette amélioration se constalait dès les premiers jours de leur vie à l'hôpital et nous füûmes surpris en interrogeant Po... et : Me B... dans leur lit, quelque temps après qu'ils fussent passés à la consultation, de constater une atténuation très nelte des troubles alors observés, au point que nous nous sommes demandé si le procès-verbal de la consultation était bien celui qui les concernait. Quelques jours de tranquillité avaient sufli à opérer celte transformation qui permet-

ail déjà moins l'hésitation du diagnostic entre paralysie générale et cérébro-sclérose.

Que dire enfin de Dus... (Obs. VI) qu'un traitement décongestif des centres nerveux — révulsion ignée le long de la colonne vertébrale, dans le dos et sur la nuque — à amélioré à un tel point que l’infirme qu'il était a pu se lever, marcher, reprendre ses occupalions journalières el faire des trevaux de force : Voyons-nous souvent cela dans la méningoencéphalite diffuse ?

Telles sont les considéralions que nous désirions ajouter au chapitre de nos observalions. Encore une fois, qu'on ne leur donne pas plus d'ambition qu'elles n’en ont réellement. Nous avons voulu simplement apporter notre humble pierre à l'édifice que bätiront les travailleurs de demain. C’est à eux qu'appartiendra le soin de faire entrer l'histoire de la pseudoparalysie générale cérébro-scléreuse dans sa voie définitive. Mais quelle que soit d’ailleurs la méthode qu'ils emploient, pour aboutir à un résultat posilif et durable, pour mettre hors de loute contestation l'existence, la forme et les allures de celle pseudo-paralysie, il leur faudra, ce que nous n’avons pu faire, s'appuyer sur les constatations anatomo-pathologiques.

Il leur faudra prendre des observations de malades présenlant le tableau paralytique, éliminer rigoureusement toutes celles dans lesquelles il sera fait mention des autres causes possibles de paralysie générale, ne conserver que celles ayant (trait à des artério-scléreux et à des cérébro-scléreux notoires, veiller à ce qu'elles comportent toutes une ponetion lombaire el une épreuve de Wassermann (faite aussi bien avec le sang qu'aveczle liquide céphalo-rachidien) négatives en ce qui concerne la syphilis; puis, quand toutes ces sécurités cliniques seront réalisées, ils devront pouvoir produire le prolocole des nécropsices correspondantes et dire : « Voilà ce que prétendait la clinique: de la paralysie générale; voici ce qu'aflirme l'anatomie pathologique : de la simple cérébrosclérose. »

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