‹ La Pseudo-Paralysie Générale Cérébro-scléreuseChapitre 24 sur 29 · LAIT RES · texte numérisé non relu

LAIT RES

Nous serons bref sur le diagnostic différentiel de la pseudoparalysie cérébro-scléreuse d'avec la démence artério-sclérolique d'une part et la démence organique de l'autre. Dans le premier cas, le sujet n'a que les symptômes psychiques de nos malades et nullement ces troubles ataxiformes de la motilité qui, avec les signes de déficit mental, forment le tableau paralytique de nos observations. Dans le second cas, — celui de la démence organique, — nous touchons à une question encore mal élucidée : on entend, en effet, par démence organique la démence post-apoplectique qui accompagne les reliquats somatiques des ictus. Cette démence est-elle le fait des lésions circonscrites qui liennent sous leur dépendance les symptômes physiques (hémiplégie, ete.) ou bien est-elle due à des lésions diffuses surajoutées, comme le veulent Vigouroux et Anglade? L'accord n’est pas encore fait sur ce point. Tout ce qu'on peut dire, c’est que les symptômes physiques et psychiques peuvent être absolument les mêmes dans les cas de démence organique et de pseudo-paralysie cérébroscléreuse : celle-ci ne se distingue de celle-là que par les gros symptômes en foyer qui escortent la première. Mais la pseudo-

paralysie cérébro-scléreuse — comme d’ailleurs la cérébroscléreuse simple — peut se compliquer d’apoplexie avec LA

symptômes en foyer. Dans ce cas, le diagnostic devient presque impossible.

Certains symptômes énumérés dans nos observations, tels que tendances à la tristesse, préoccupalions hypocondriaques, élat saburral du tube digestif peuvent faire penser à la mélancolie présénile où à la mélancolie sénile, d'autant plus que nos sujets présentent justement l’âge de prédilection de ces formes de la lypémanie. On sait, en effet, combien sont fréquentes les idées hypocondriaques dans les cas tardifs de la psychose dépressive.

Mais il n’est guère besoin d'insister sur les caraclères distinctifs de la cérébro-sclérose et de ces mélancolies présénile et sénile (l’une différant de l’autre, en ce que la première — la

mélancolie présénile — survient à un âge moins avancé, ne s'accompagne pas de déficit du fonds mental comme la mélancolie sénile et guérit tandis que l’autre aboutit à la démence). La cérébro-selérose, en effet, comporte des troubles moteurs : tremblements, hémiparésies, ou nerveux : vertiges, ictus, elc., qu’on ne trouve pas dans la mélancolie. Celle-ci, d'autre part, a un mutisme et des réactions spéciales (refus d'aliments, tentalives de suicide) qu’on ne voit pas dans la cérébro-sclérose.

Nous ferons simplement mention, dans ce chapitre, du diagnostic différentiel, de la presbyophrénie de Wernicke, à laquelle peuvent seulement faire penser dans les cas relatés par nous l’excitation de certains de nos malades, l’amnésie de fixation ct la désorientation. Dans la maladie de Wernicke, en cffet, ces symplômes sont beaucoup plus prononcés et s’'accompagnent constamment de confusion extrème de l'esprit, de régression de la personnalité, d’affabulation, de délire ecmnésique, de bavardage incessant qui masque une démence profonde. IT peut se faire, cependant, que l’on rencontre des cas où les phénomènes de déficit soient plus marqués que chez nos malades et nécessitent un examen approfondi pour permeltre de répudier la presbyophrénie qui peut d’ailleurs s’allier à la cérébro-sclérose.

Le diagnostic différentiel d'avec la démence sénile simple ne bous retiendra guère non plus: cette dernière survient d'habitude à un âge plus avancé, ou mieux à une période plus avancée de la sénilisation. Elle est plus profonde que la démence artério-sclérotique, s'accompagne de puérilité d'idées et de langage, de crédulité, d’aboulie, de mobilité excessive, d’incohérence dans le langage, de diminution considérable des sentiments et des affections. La démence artério-selérolique peut cependant verser dans la démence sénile et l’une se continue souvent par l’autre.

Ïl est enfin une lésion que l’on doit toujours avoir présente

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