CHAPITRE VI
Anatomie pathologique
Le manque d'autopsies ne nous permet pas d'introduire dans ce chapitre un apport personnel. Les considérations anatomiques que nous avons résumées succinctement dans le Chapitre II relativement à l’artério-sclérose cérébrale, en général, nous dispenseront, d'autre part, de revenir ici sur sur les différentes lésions que l’on peut rencontrer dans l’'encéphale des athéromateux. Nous dirons cependant quelques mots des modifications histologiques des hémisphères qui seraient plus particulièrement en rapport, d'après Binswanger et Ladame, avec les manifestations cliniques de la démence artério-sclérotique.
Pour Binswanger (1) il y a lieu de distinguer les altérations de la pie-mère et celles de la substance cérébrale. Dans la pie-mère, le processus intéresse principalement les vaisseaux et débute dans la couche moyenne des artérioles. Il y a une prolifération active des noyaux de la musculeuse et plus tard de l’endothélium. Le produit terminal est une modification de la musculeuse, qui se transforme en tissu conjonctif fibreux. Il y a une artério-fibrose plutôt qu'une artério-sclérose. Dans la substance cérébrale, les fibres tangentielles sont altérées et raréfiées, les cellules ganglionnaires ont subi un
commencement de dégénérescence et la névroglie est en voie
(1) BINSWANGER, XIV: Réunion des psychiatres et neurologistes de l’Allemagne centrale, à Halle (24 et 25 octobre 1908). Wonals. Jür Psych. u. Neurol., vol. XXV, fasc. 2, p. 81, 1909.
HO de prolifération. Mais, à l'encontre de ce qui se passe dans la paralysie générale, il n’y a ni cellules plasmaliques, ni noyaux en bâtonnels.
Pour Ladame (1), la lésion vasculaire est neltement primitive. On trouve, en outre, toules les conséquences de la dégénérescence des parois artérielles (anévrismes, hémorragies puneliformes ou plus étendues, foyers de ramollissement). Ces lésions grossières peuvent êlre en nombre variable : Lanlôt on n’en rencontre qu'une ou deux dans tout le cerveau, tantôt les hémisphères en sont littéralement farcis. Elles peuvent, en outre, avoir un siège différent : substance grise, substance blanche ou les deux à la fois. Outre ces lésions en foyer, on rencontre des lésions diffuses, surtout dégénéralives, alleignant indislinctement tous les tissus. Ladame a remarqué que dans les formes où les lésions diffuses prédominent, l'évolution clinique est rapide, tandis que dans les cas qui comportent surtout des hémorragies et des ramollissements, pourvu du moins que ceux-ci ne soient pas lrop considérables, la marche de la maladie peut être très lente et la survie de longue durée.
(1) Lapams, L'histologie pathologique des maladies mentales. Æncéphale, février 1909. — Sur la démence artério-sclérotique. Æevue médicale de la Suisse romande, &. XXX, n° 7, juillet 1910, p. 638.
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