CHAPITRE VIII
Traitement
Nous emprunterons très larsement dans ce chapitre à l'article de Grasset, dans la Semaine medicale du 19 octobre 1904, où le savant professeur de Montpellier expose si clairement l'hygiène, la diététique et le traitement médicamenteux du cérébro-scléreux.
4° Hygiène. — C'est la vie à la campagne qui convient plus particulièrement à nos malades. Ils doivent fuir la trépidation et l’atmosphère encombrée des grandes villes. Pas d’agitations, de préoceupalions, d'émotions ; très peu de travaux intellectuels. De l'exercice au grand air, sans jamais arriver à la fatigue cependant. En hiver, éviter le trop grand froid ; en été, se garer des soleils trop ardents. Pas d’intoxication quelle qu’elle soit: renoncer à l'alcool et au tabac et même ne jamais demeurer dans les endroits clos où l'on fume : veiller à la liberté des émoncloires cutané et rénal; se purger tous les huit ou quinze jours et s'assurer, au besoin par des laxatifs, une selle quotidienne.
20 Alimentation. — Ici nous reproduisons presque texluellement le régime quotidien que conscille Grasset :
A sept heures du matin : un quart de litre de lait dans lequel le malade verse une cuillerée à café de la poudre composée
suivante :
Biearbonate dé soude na tn. 50 grammes Pivaphate de-SOudC TL, Re en ne âà 25 —
SU ee SOU ours e
À dix heures : un quart de litre de lait et un verre à bordeaux d’une eau alealine légère.
À midi : déjeuner ordinaire (saus gibier, ni conserves).
À quatre heures du soir: un quart de litre de lait et un verre d’eau minérale.
À sept heures: diner léger (exclusivement lacto-végétarien).
À dix heures : un quart de litre de lait et un verre d’eau minérale.
30 Traitement médicamenteux. — L'iodure ne rend guère de services dans la cérébro-sclérose constituée. Il ne peut être employé qu’au début de lartério-sclérose cérébrale, alors qu’il y a hypertension par spasme vasculaire plutôt que lésion véritable des artérioles.
La strychnine est dangereuse. Le mercure peut être essayé: ce n'est pas, bien entendu, comme médicament spécifique qu'on l'emploie; il donne des résultats dans les cas qui nous occupent, même lorsque l'absence de syphilis est hors de contestation, sans qu'on puisse s'expliquer autrement le mécanisme de son action. On utilisera la solution suivante :
Biiodure "dhy rare Eee TRES 0 gr. 10 TOUL ES OTIURRSE RUE 0 gr. 20 GaicodYhite des onde ie en 0 gr. 50 Eau DOG UNé PEER RER er 7 q. Ss. pour 10 cc:
(Injecter 1 centimètre cube tous les jours, pendant cinq ou dix jours; repos de quinze à vingt jours; puis, nouvelle série de piqüres pendant deux ou trois mois.)
Si l’on constate une amélioration ou même un arrêt dans l'aggravation des symptômes, on peut reprendre le traitement deux fois par an (au printemps et à l'automne) durant trois mois chaque fois. Nous l'avons employé pour Mne B. (Obs. IT) et nous nous en sommes plutôt félicité.
En dehors des périodes mercurielles, le malade se trouvera bien de la médication phosphorée :
ns € Li
Acide phosphorique officinal........... ÿ grammes Phosphate acide de soude......,.,..... 40 — RUSSES HR Se SR tn » 300 —
(Deux cuillerées à soupe, par jour, aux repas.)
Les quantités prescrites durent dix jours. S’arrêter pendant dix autres jours, puis reprendre.
Grasset conseille également les pointes de feu tous les dix jours à la nuque et au haut de la colonne vertébrale. Nous avons vu que le médecin de Dus..… (Obs. VI avait utilisé cette révulsion et quels merveilleux résultats il en avait obtenus.
Nous rappelons encore que Trunececk (de Prague), partant de ce principe que le phosphate de chaux qui constitue essentiellement les dépôts calcaires de l’athérome doit sa solubilité dans le sérum à la présence du chlorure de sodium et des phosphates de soude et de magnésie et que, d'autre part, l’athérome est principalement observé chez les sujets âgés dont l'organisme est pauvre en chlorure de sodium et les urines hyperacides, a proposé d'injecter sous la peau des artério-scléreux des doses progressivement croissantes (de 1 à 7 centimètres cubes) de la solution suivante :
Cr PP PO OC ER OO ES DE 0 gr. 44 CHOGrUre Me SOUL dir me nd un ee 4 gr. 92 Phosphaedesonder he me". 0 gr. 15 Carbone DeASONTe ee M NE Cie 0 gr. 21 Surdteide polasset Le PR Nu re 0 gr. 40 VE RE PEN TE TT OO q. s. pour 400 cc.
(Stériliser à la bougie, car à l’autoclave il se forme quelquefois des précipités cristallins qui rendent l'injection douloureuse.)
Il aurait observé des résultats surprenants et des thérapeutes qui l’ont suivi dans cette voie n'auraient eu, parait-il, qu'à s’en louer. Ce sérum de Trunececk solubiliserait les
dépôts calcaires des artères, activerait les combustions et la diurèse en même temps qu'il jouirait d’une action vasodépressive des plus favorables. Peut-être donc pourrait-on l'employer dans les cas où l’artério-sclérose sévit sur les centres nerveux.
Nous nous en voudrions, enfin, de terminer ce chapitre sans rappeler le curieux procédé d'hyperhémie passive du cerveau qui a élé imaginé et employé par Baccelli, professeur de clinique médicale à la Faculté de médecine de Rome, et son assistant Galli, pour lutter contre l’artério-sclérose cérébrale. Ces auteurs, estimant que la cause du processus artério-scléreux réside dans les vasa vasorum el que le calibre de ceux-ci se laisse aisément influencer par l'hyperhémie passive, et remarquant, d'autre part, que la stase cérébrale provoquée est exemple de dangers (chez les animaux du moins), eurent l’idée d'enroulcr autour du cou de leurs malades un tube élastique qu'ils insufllaient progressivement d'air, de façon à atteindre une pression de 20 à 50 millimètres de mercure. La séance, qui était quotidienne, durait de une demi-heure à deux heures. Quand elle était trop prolongée, il arrivait parfois que le palient présentàt le lendemain une tuméfaction légère des paupières.
Celle méthode ne leur aurait jamais donné d'accident et aurait amélioré nombre d'artério-scléreux cérébraux, surtout dans les premières périodes de leur maladie. Dans les formes avancées, par contre, l'efficacité du traitement serait des plus douteuses.
Les auteurs expliquent les résultats obtenus en supposant que le torrent circulatoire, plus abondant dans les vasa vasorum, enlraverait el détruirait les proliférations de la tunique interne. Nous avons lenu à citer leur procédé, auquel on ne contestera pas le mérite de l'originalité, mais nous nous gardons bien de le conseiller à qui que ce soit.