II — L’ULTRA-VIRUS
Au cours de la dernière épidémie de psittacose, les études entreprises par les différents auteurs sur l’origine de la maladie n’ont pas permis de retrouver le bacille de NOCARD; aussi les recherches furent-elles aiguillées dans un autre sens.
HEGLER et GUNTHER en Allemagne, BEDSON, WES- TERN et SIMPSON à Londres, pensent que la psittacose est peut-être due à un virus filtrable. Les auteurs anglais apportent une base solide à leur hypothèse par diverses expériences.
En premier lieu, ils inoculent des perruches d’Australie à partir de produits prélevés dans huit cas de psittacose humaine; ils utilisent le sang citraté, le sérum et l’exsudat pleural. Tous les oiseaux contractent la maladie; or on n’avait pas constaté la présence d'un seul microbe à l'examen bactériologique des matériaux d'expérimentation; pourtant dans un cas, on avait signalé un staphylocoque.
D'autre part, les chercheurs ont injecté à deux autres perroquets un filtrat sur bougie Chamberland d’une suspension d'organes provenant d’un perroquet atteint ;
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les deux perroquets inoculés contractèrent la maladie.
Le virus serait résistant, car les organes avaient encore un pouvoir pathogène après un séjour de 21 heures à la glacière dans une solution glycérinée à 30 % ; mais il serait détruit par un chauffage à 100° pendant 20 minutes.
MM. BEDsoN, WESTERN et SIMPSON poursuivent leurs investigations et trois semaines plus tard, ils découvrent le virus filtrant dans les organes de trois oiseaux.
Ces auteurs ont encore reproduit la maladie par injection à la perruche d’Australie de filtrat resté virulent après passage sur bougie Chamberland L3 et sur filtre Seitz EK ; l’inoculation à des animaux témoins faite avec du filtrat chauffé à 100° pendant 20 minutes ne donne aucun résultat.
Des poules auxquelles on injecte du filtrat virulent, deviennent malades 9 jours après, pour mourir || jours après l'apparition des premiers symptômes. Des cobayes et des pigeons traités de la même façon ne réagissent pas.
À Cologne, en 1930, des expériences identiques sont répétées par PESCH; il opère avec le filtrat provenant d'organes de perruches malades; sur 111 perruches inoculées, 36 peuvent être infectées au cours de |] essais.
MM. SACQUÉPÉE et FERRABOUC examinent au point de vue bactériologique trois cadavres de perruches mortes de psittacose; aucun germe susceptible de produire la maladie n’est décelé ; mais, orientant leurs recherches vers l'existence d’un virus filtrant, ils pratiquent plusieurs expériences qui leur permettent de
tirer les conclusions suivantes :