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reconnaître tout ce que la science doit à Gall. Pour Broca, Gall est un novateur de génie. «IL eut l'incontestable mérite de proclamer le grand D riacipe des localisations cérébrales, qui a été, on peut le dire, le point de départ de toutes les découvertes de notre siècle sur la physiologie de l'encé-
phale » (p. 191). « Gall et Spurzheim furent des anatomistes de premier ordre » (p. 192). Il y a
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lieu de distinguer la théorie de Gall des applica-
tions qu'il en a faites : « La doctrine phrénologi- que. s’est... écroulée..., mais le principe des
localisations n’a pas péri pour cela » (p.195). Pour Gratiolet également, Gall est un « grand
anatomiste », et sa « doctrine de la spécialité des
nerfs » a ouvert « en quelque sorte la voie à toutes
D les grandes découvertes qui ont illustré dans notre 4 siècle la physiologie du système nerveux » (p. 262). ï
Gratiolet a beau railler l'enthousiasme de tels de. ses adversaires et s’amuser de voir «ceux-là même qui repoussent avec indignation l’étude de l’intelli-
gence, quand elle se présente sous ce nom fatal
de psychologie, lui faire au contraire un accueil très distingué quand elle prend le titre de physio-
… logie du cerveau » (p. 434) ; il n’en trouve pas
moins, pour célébrer «le lobe frontal, dans lequel réside, en quelque sorte, la majesté du cerveau humain » (p. 273), des expressions d'un lyrisme que Gall lui eût envié : « Les lobes frontaux, dit-il, sont, pour ainsi dire, la fleur du cerveau » (p. 258).
I y a plus: c'est au cours même de cette discussion, au début de la séance du 18 avril 4861 (p. 235), que Broca fit la mémorable communicalon intitulée : Perte de la parole, ramollissement chronique et destruction partielle du lobe antérieur gauche du cerveau, première élape des recherches qui devaient promptement aboutir à localiser à la troisième frontale gauche le siège de l'aphasie. Or, au cours de [a querelle qui a récemment jeté Le trouble dans la cité neurologique, les deux protagonistes, MM. Déjerine et Pierre Marie, sont au moins tombé d’accord sur un point: c’est qu’il fallait faire débuter avec Gall l'histoire des localisations du langage *.
Enfin, plus récemment, Gall a trouvé en Mübius ?
1. Déjerine, L'aphasie sensorielle, Presse Médicale, A1 juillet 1906. P. Marie, Revision de la question de l'aphasie, Semaine . médicale, 28 novembre 1906.
2. P.-J. Môbius : Franz-Joseph Gall (Ausgewählte Werke, Bd. VII, 1905).
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UE AA Ë un défenseur et presque un apologiste. Non seulement la théorie des localisations parait à cet
a iuteur irréfutable et irréfutée, mais encore ni l’ana- 'tomie, ni la physiologie, ni la psychologie, ni la
| craniologie ne permettent, selon lui, de rejeter a
. priori la théorie de Gall. Le crâne reproduit, en
| fait, la forme du cerveau, qui, à son tour, peut bien ne répondre aux différents degrés de développement des instincts, des aptitudes et des dispositions.
; | Crest à l'observation d'en décider, et elle ne peut
guère procéder autrement qu’en appliquant la
ie 4 méthode même de Gall, en établissant des compa- raisons et des rapprochements entre le cerveau, la
D. tête et le crâne d’une part, et les facultés men- tales de l’autre. Alors même que rien ne subsiste-
rait des inductions que Gall a tirées de la forme
Pl Reg A CTe =
du crâne sur le rôle des différentes parties du cer-
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veau, malgré des erreurs de détail, sa psychologie,
qui est la seule compatible avec la théorie des : Jocalisalions, n’en garderait pas moins toute sa valeur.
Un tel jugement démontre, dans son ensemble, pe ne
qu'il est de nos jours des esprits pour trouver injus- tifié le discrédit où l'œuvre de Gall est communé-
ment Ho et pour estimer qu elle
Amérique, dont témoigne l'existence à New-York.
encore d'être prise en considération : si
était, le regain actuel de la doctrine de en nl
d’un Institut et d’un Journal Américain de Phrén FR p en serait une nouvelle preuve.
Môbius n'hésite pas à distinguer la psychologie n Gall de sa craniologie et de son organologie, considère. qu'elle n’a pas à en partager la fo tune, Or, dans la pensée de son auteur, comme A. Comte l’a très bien vu et comme nous essayerons de le montrer à notre tour, cette psychologie est essentiellement une physiologie du cerveau, où la représentation matérielle des processus psy- | chiques est toujours présente à l'esprit de celui qui les étudie. Il reste donc que les principes direc- | teurs selon lesquels Gall à conçu sa physiologie n. j du cerveau nous sont donnés ici, une fois de plus, ui ( comme indépendants des applications qu'il a cru pouvoir en lirer. k Les contemporains, du reste, s’en étaient eux- Ne