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degré de développement cérébral nécessaire pour l'exercice des facultés, car il ne dépend pas seulement de la grandeur, mais encore « de lirritabilité des organes » (II, 12).
Et il n’est pas seulement ici question d’énergie absolue, mais d'énergie relative : on a tort de croire, par exemple, que de l’onanisme et de la faiblesse intellectuelle, ce soit toujours le premier qui entraîne la seconde : « L’observateur philosophe reconnaît ici que la faiblesse de l’entendement est la cause de l’abandon à une sensualité brutale, tandis que, dans son erreur, le vulgaire regarde la faiblesse de l’entendement, comme une suite de l'abandon à la sensualité » (III, 96). Un organe peut donc lenir son activité et son énergie, moins de lui-même, que de la médiocrité ou de la nullité des organes antagonistes.
Mais, surtout, un organe peut entrer en activité du fait de l’action exercée sur lui par un ou plusieurs autres organes; sinon, la complexité des états psychiques nous serait inintelligible. Or, semblable action des organes les uns sur les autres ne peut se concevoir, à son tour, s’ils ne sont pas reliés par des moyens matériels. Il est done physio-
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à logiquement nécessaire qu'il existe entre eux des | connexions, dont l'anatomie démontre, d’ailleurs, __ l'existence : « De même que les diverses parties de | ne . chaque système sont unies entre elles, et avec elles les parties voisines, de même les diverses parties de chaque hémisphère sont unies entre elles, et avec les systèmes voisins » (I, 207). Donc la représentation anatomo-physiologique réalise entre tous les organes tout un réseau de fibres de communication, de faisceaux d’association, comme nous dirions aujourd’hui.
Avant toute localisation effective, cette dernière considération offre l'immense avantage, sinon de nous informer du siège réel des organes, du moins de nous permettre d’en imaginer la situation relative dans l’espace. A n’envisager, en effet, que le seul volume des organes, ils ne nous apparaissent, matériellement, que comme des masses d’inégale
importance, isolées et éparses, incapables, en con- ‘4 séquence, même par hypothèse, d'aucune distribution précise. Projetons, au contraire, dans l’éten- due les influences réciproques qu’ils exercent les uns sur les autres, traçons entre les points, qui
à symbolisent les organes, des lignes, qui en figurent
les connexions. A défaut d’une topographie exacte, du moins possédons-nous alors un schéma des conditions, auxquelles nous imaginons qu’une telle topographie devra satisfaire ; d'autant que l’expérience que nous avons des autres activités malérielles nous conduit invinciblement à ne pas attribuer à ces points et à ces lignes une position et une longueur quelconques, mais, bien au contraire, leur impose une certaine orientation et une certaine échelle.
Plus un organe est important, plus il a à agir fréquemment et énergiquement sur les autres organes. Mais, pour qu'il soit en état d’agir aisément, avec cette fréquence et cette énergie, sur l’ensemble des organes, il paraît évident qu'il doit être situé de façon à pouvoir exercer son action, avec la même rapidité efficace, dans tous les sens à la fois, et, par conséquent, « plus les qualités et les facultés sont indispensables, plus leurs org'anes sont placés vers la base du cerveau, ou vers la ligne médiane ». D'autre part, plus il est habituel à des facultés et à des qualités de se prêter un mutuel concours, plus il semble évident que, pour permettre celle aclion commune, les organes doivent
être placés à peu de distance les uns des autres, rapprochés, par suite, et groupés. Le même groupement et le même rapprochement s'imposent, si des organes se trouvent exercer des fonctions analogues. La connexité physiologique, qu’elle tienne à la concomitance ou à la ressemblance des mani-
festations, se matérialise donc tout naturellement en connexité anatomique (III, 571).
Ce sont là des considérations que Gall juge d’une crande valeur, puisqu'il n'hésite pas à en faire fréquemment usage, dans son organologie proprement dite, pour ordonner sa démonstration ou justifier telle ou telle localisation particulière. Par exemple, l’importance des organes occupant la ligne médiane détermine l’ordre de son exposition (IV, 9 et 115); la connexité physiologique des penchants et des facultés implique ou confirme la connexité de leurs organes : pour l’amour de la progéniture par rapport à l'instinct de la propagation (IT, 101), pour l’amitié par rapport à l’amour physique et à l’amour de la progéniture (III, 120), pour l’amour des combats par rapport au penchant au meurtre (II, 142), pour le sens des rapports
des tons par rapport au sens des rapports des nom-
bres (IV, 86) ; la corrélation des fonctions explique le rapprochement anatomique des organes des rapports des lieux, des couleurs, des tons et des nombres (IE, 57); etc.
Par conséquent, la seule physiologie du cerveau, en établissant entre les organes une hiérarchie, et en opérant entre eux des groupements, suffit déjà : à nous fournir de la vie consciente une représentation organique préalable, dont l'importance saute aux veux, Car il est bien évident, selon Gall, que si l’anatomie est, à la rigueur, capable d’en démontrer la vanité, elle ne saurait, cependant, par ses propres moyens, lui en opposer une autre; elle ne peut, à cet égard, qu'attendre les instructions de la physiologie et contrôler ses hypothèses. Seules, les conceptions que nous nous faisons de l’activité cérébrale peuvent donner un sens et une orientation aux recherches anatomiques, qui se réduisent, sans cela, à la nomenclature et à la description mécanique des parties. Donc, Comte a pu faire bon marché de la physiologie du cerveau de Gall, et ne lui plus attribuer qu’un intérêt historique : quand il proclame l'anatomie incapable de dénom-
brer les organes et de déterminer leur véritable