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fique, qui a sa condition dans l'organe particulier dont elles dépendent (II, 270).
Les facultés, telles qu'on les conçoit en général, ne sont que des idées abstraites, de celles dont Locke a eu grand raison de dire que la stérilité égalait la généralité (II, 270, note). Un organe étant donné, la faculté qui en dépend est nécessairement donnée avec lui et, du même coup, la perception et le souvenir des objets sur lesquels son activité s'exerce. « La faculté aperceptive, la faculté du souvenir et la mémoire ne sont » donc « que des attributs communs aux facultés fondamentales, mais pas du tout les facultés fondamentales ellesmêmes ; et par conséquent elles ne peuvent pas avoir leurs organes propres » (IV, 229).
Déjà, du reste, on a eu occasion de distinguer la mémoire des mots de celle des lieux et de celle des choses, sans que cependant les philosophes aient compris la portée de cette distinction (IV, 10), et, au sujet d’un malade qui « avait perdu la mémoire des substantifs et des noms propres », M. Cuvier « propose la question suivante : la mémoire, force incompréhensible, serait-elle logée dans autant de cases distinctes qu'il existe d’es-
BLoNpez. — Psycho-physiologie. 10
pèces de mémoire ? » (II, 251). De même pour le Jugement, l'imagination, l'attention : ils ne s’étendent pas indifféremment à tous les objets; ils varient avec les individus, suivant la faculté et l'organe intéressé ; ils apparaissent et disparaissent avec cette faculté et cet organe.
Par conséquent, « toutes les fois... qu’il existe une faculté fondamentale, une force intellectuelle particulière et déterminée, il existe nécessairement aussi une faculté aperceptive pour les objets relaüifs à cette faculté. Toutes les fois que cette faculté réagit activement sur les objets de son domaine, il y a attention. Toutes les fois que les idées ou les traces, que les impressions de ces objets ont laissées dans le cerveau, se renouvellent dans l’absence de ces mêmes objets et par la seule action des organes intérieurs, il y a souvenir, réminiscence, mémoire passive. Si ce même renouvellement des impressions reçues se fait par un acte réfléchi, volontaire des organes, il y a mémoire, mémoire active. Toutes les fois qu’un organe ou une faculté fondamentale compare et juge les rapports d'idées analogues et disparates, il y a comparaison, il y a jugement. Une suite de compa-
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