Sur les Fonctions du Cerveau, etc., VI. p
logique soient tous deux de même valeur : en cas de conflit, c'est toujours au premier à céder le pas au second. A sa physiologie du cerveau il fait assez pleine et large confiance pour ne pas supposer un Instant que l'analomie puisse jamais la contredire. Sans doute, alors elle serait fausse, mais la certitude qu'elle est vraie est précisément le point de départ de toute son argumentation.
Qu'est donc cette physiologie du cerveau, dont Gall fait à ce point état, sans laquelle il n'est pas pour lui de recherches ànatomiques possibles, et où il voit, avec Bonnet, « la base de toute philosophie de l'esprit humain » (II, 23) ? Les titres des deux principaux ouvrages de Gall suffisent amplement à la définir en ses lignes essentielles.
Le premier s'intitule : Anatomie et physiologie du système nerveux en général, et du cerveau en particulier, avec des observations sur la possibilité de reconnaître plusieurs dispositions intellectuelles et inorales de r homme et des animaux,
par la configuration de leurs têtes. Le titre du second, où il n'est plus fait mention d'anatomie et de système nerveux en général, est plus explicite encore : Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnaître les instincts, les pencharits, les talents, ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des a?iimaux, par la configuration de leur cerveau et de leur tête.
L'étude des dispositions intellectuelles et morales des animaux et de Thomme, de l'ensemble par conséquent de la vie mentale : tel est donc, selon Gall, l'objet de la physiologie du cerveau.
Là-dessus on lui a volontiers reproché d'avoir été la dupe d'un mot et de s'être mépris sur la nature de ses recherches. Cette physiologie du cerveau, a-t-on dit, n'est, à tout prendre, que de la psychologie.
Garnier, par exemple, opérant dans le système de Gall une distinction, de prime abord, analogue à celle dont nous sommes nous-même parti, déclare : « La doctrine qu'on enseigne de nos jours sous le nom de phrénologie, se compose de deux parties
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distinctes : i° Elle recherche, au moyen de l'observation morale, les facultés constitutives de l'espèce humaine ; 2" Elle essaie, par l'observation physique, de rapporter chaque faculté à une partie du cerveau qui en devient le sièg'c et l'organe. Elle comprend donc à la fois une psychologie et une organologie ; vaste compréhension que le terme de phrénologie, introduit par Spurzheim', n'exprime pas convenablement. Gall avait donné à cet ensemble le nom aussi peu satisfaisant de physiologie du cerveau. La digestion, la circulation du sang, les absorptions, les sécrétions, etc., ne s'observant pas de la même manière que les pensées, les sentiments, les volontés, le seul nom de physiologie ne peut convenir à l'étude de ces deux ordres de phénomènes. Aussi Gall dans le cours de son ouvrage emploic-t-il le plus souvent les mots de psychologie et (ï organologie, qui désignent très exactement les deux parties de la science qu'il voulait fonder, ou plutôt les deux sciences qu'il cherchait à réunir en une seule - ».
1. D'après Combo [Traité complet de Phrénoloyie. traduction Lebeau, 1844, p. 1), le mot est dû, en réalité, au D"^ Thomas Forster.