‹ La psycho-physiologie de Gall; ses idées directricesChapitre 9 sur 25 · LA CONTINUITÉ DK LA NATURE · texte numérisé non relu

LA CONTINUITÉ DK LA NATURE

priétés d'un ordre inférieur, les maîtrisent, mais ne les excluent pas ; que, par exemple, les propriétés chimiques des pierres et des métaux ne détruisent pas leurs propriétés physiques; que les propriétés organiques des plantes n'anéantissent pas leurs propriétés physiques et chimiques ; nous devons donc retrouver les phénomènes de l'irritabihté [Gall entend de la vie végétale) dans les zoophytes » (1, 6).

Donc il est légitime de raisonner et de conclure, par analogie, des fonctions organiques aux fonctions animales, c'est-à-dire psychiques, et surtout de l'animal à l'homme et, inversement, de l'homme à l'animal. L'homme est soumis aux mômes lois que la plante et que l'animal, « l'homme et les animaux... sont des anneaux de la chaîne des êtres » (I, préface, p. vu). Par conséquent, « rien de plus naturel que de comparer les instincts et les facultés des brutes avec les penchants et les facultés de l'homme. Tout ce qui, me dis-je, est commun à l'homme et aux bêtes doit, sauf les modifications qui proviennent de la différence des appareils organiques, se rapporter à la môme loi. Mêmes viscères, et destinés aux mêmes fonctions organiques ;

mêmes sens, et placés aux mêmes endroits de la tête. Je dois donc trouver aussi pour les penchants et les facultés qui existent dans la bête comme dans l'homme, les mêmes marques à la même place du crâne » (III, 52-53).

Cependant il existe indéniablement à cet égard un certain flottement dans la pensée de Gall. Tantôt, du point de vue qui l'intéresse avant tout, celui de l'organisation cérébrale, il soutient que certains animaux ont « des organes qui nous manquent » et, par suite, des fonctions dont nous n'avons pas idée (III, 53) ; que, dans ces conditions, « les animaux ne peuvent pas être considérés comme de simples fragments de l'homme, et l'homme ne peut pas non plus être regardé comme l'ensemble de tous les organes et de toutes les facultés des animaux » (1,157). Tantôt, au contraire, il pose en principe que « les cerveaux des animaux ne sont que des fragments du cerveau humain » (IV, 37) : « D'après la connaissance que nous avons des animaux nous ne découvrons en eux aucune faculté, aucun mode d'action dépendants du cerveau dont le type ne se retrouve pas en nous. C'est pourquoi nous sommes fondés, en quelque manière, à regar-

Page 1