AID. ST ND
2/Tbid., SU10, p. 210-217.
plusieurs autres, qui entrent avec elle dans la composition d’un tout » . Elle n’a, par suite, qu’à continuer dans la même voie. En remarquant la ressemblance qu’elle découvre entre ses doigts, elle obtient les premières notions de nombre. La succession de ses idées lui donne une notion de la durée, comme leur coexistence une notion de l'espace; pour peu qu’ensuite l’imagination prolonge sans fin la durée vers l'avenir comme vers le passé, et que, par ailleurs, elle repousse à l'infini les bornes de l’espace, ce sont les notions d’éternité et d'immensité qui apparaissent. Bref, la statue conçoit des abstractions sans nombre, non pas que les idées obtenues de la sorte aient par elles-mêmes une existence, mais parce qu’il est toujours loisible à l’esprit de détacher certaines qualités sensibles des collections dont elles font partie et de les considérer à part. Comme la connaissance des corps, la connaissance de ces notions repose tout entière sur les données des sens, et plus spécialement sur celles du toucher. Par là, les idées qui peuplent la conscience ont toutes une même origine. Les désirs et les sentiments se trouvent également enrichis grâce au toucher. Celui-ci procure une foule de plaisirs nouveaux. Il permet des mouvements variés et nombreux, dont la conscience retire une vive satisfaction ; « le plus grand bonheur des enfants paraît consister à se mouvoir : les chutes même ne les dégoûtent pas » ?. Ajoutons que le toucher apporte des sensations imprévues, qui peuvent susciter autant d’impressions agréables : la statue aimera manier les objets qu’elle aura découverts ; « elle sera fort sensible au poli et à la douceur de leur surface; elle se plaira à y trouver au besoin de la fraîcheur ou de la chaleur » *. Mais c’est
L'Ibid;, :$ #7, -p. 216: