‹ La psychologie de l'enfantChapitre 19 sur 109 · L'ACTIVITÉ MOTRICE A DIX MOIS · texte numérisé non relu

L'ACTIVITÉ MOTRICE A DIX MOIS

être, comme les chats mis pour la première fois sur le parquet (1), a-t-il un sentiment instinctif de la difficulté de* son entreprise : quoi "qu'il en soit, il montre souvent qu'il a peur. Mais, les succès et les encouragements lui venant, il finit par oublier ses appréhensions, il s'échauffe, il s'égaie, et fournit quelques pas plus ou moins bien formés, avec un entrain manifeste. Je n'oserais même pas nier qu'il ne s'éveille en lui quelque chose de semblable à de la fierté, au sentiment heureux-de la difficulté vaincue. Il doit, en effet, avoir ce -sentiment, et même accompagné d'un certaine exagération ; car il apprécie l'importance de ses efforts à la peine qu'ils lui coûtent, et la distance parcourue lui est connue par la comparaison des objets environnants avec ses propres dimensions.

L'éminent philosophe Herbert Spencer a donné une excellente explication de ces deux sortes de faits psychologiques, îl dit d'un côté : « Le sentiment d'effort qu'éprouve un enfant en soulevant un poids excède de beaucoup en intensité le sentiment d'effort qu'il éprouve à soulever le même poids avec les mêmes muscles trente ans plus tard. Dans l'âge mûr, une quantité égale de sensation a pour corrélatif une quantité égale de mouvement produit. De même, ce rapport varie quantitativement, selon l'état constitutionnel. Après une maladie qui a causé de la prostration, le sentiment d'effort qu'on éprouve à soulever un membre est aussi grand que celui qui, en santé, accompagne une grande dépense de force (2). » Il dit d'autre part : « Les dimensions de notre corps et les espaces parcourus par notre corps servent comme points de comparaison avec les dimensions environnantes, et nos idées de grandeur ou de petitesse se forment suivant que ces dimensions environnantes sont beaucoup plus grandes ou plus petites que les dimensions orga- •

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