‹ La psychologie de l'enfantChapitre 32 sur 109 · LES CARACTÈRES DE L'INSTINCT · texte numérisé non relu

LES CARACTÈRES DE L'INSTINCT

tinersur Je sable. Le lombric,, croyant à l'approche d'une taupe, sort de sa retraite souterraine, et selivre ainsi à l'ennemi. C'est une fausse application de l'instinct, mais ce n'est pas, à proprement parler, un instinct faux...» Mais il faut voir une erreur plutôt qu'une illusion dans les faits suivants : « A quoi servirait que la poule conservât l'instinct de couver lorsque ses oeufs ne sont point coques, tout comme elle le possède quand il s'agit d'œufs fécondés ? Un guide supérieur ferait la distinction. Il est vrai toutefois que la poule couve sans œufs, lorsque l'époque est arrivée ; d'où l'on pourrait croire que le repos, l'attitude de prostration et le jeûne partiel, sont nécessaires alors à la dissipation d'un surcroît de chaleur organique. La poule qui couve à vide couverait par besoin personnel... Mais l'instinct de conservation peut être en défaut. Ainsi les petits oiseaux prennent le coucou pour l'épervier, et ces mêmes passereaux attaquent Fengoulevent d'Europe, comme s'ils avaient à le redouter, tandis que cet oiseau se nourrit seulement de papillons de nuit et d'insectes nocturnes... L'instinct ici va trop loin dans le sens de la protection. C'est, dira-t-on, un surcroit de précaution. Mais voici un exemple du cas contraire. Les aphides, ou pous de plantes, ne savent pas que les larves des syrphides sont leurs ennemis mortels. Ils n'éprouvent à leur vue aucune défiance, et vont jusqu'à se promener sur leur corps. Les syrphides, qui se nourrissent d'aphides, profitent, comme on le pense aisément, de cette imprudence.

« La conscience du danger, d'un danger ordinaire et constant, peut donc faire défaut : les instincts ne sont donc pas absolus. Mais les faits que nous possédons sont bien certainement insuffisants, pour décider l'importante question formulée au début de ce chapitre (l'instinct peut-il se tromper?). Il est probable, mais non encore démontré, que l'exécution des actes d'instinct est influencée dans une certaine mesure par la volition. On peut l'inférer particu-

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lièreraent de ce fait que .l'animal a le pouvoir de suspendre sa respiration, et d'exercer un contrôle partiel ou momentané, comme Je peut l'homme lui-même, sur certaines fonctions automatiques, Les chiens, les chevaux, dont l'ob* çervation est facile, suspendent leur souffle, pour mieux écouter, lorsqu'ils appréhendent un danger, Qr ?i certains actes de la vie automatique des animaux ne sont pas soustraits au contrôle, fort limité, il est vrai, de la volition, faudrait -il s'étonner si l'on démontrait un jour que tous les instincts peuvent également être influencés parle même contrôle (1)? »

Puisque l'instinct s e trompe, et qu'il est jusqu'à un eertain point soumis au contrôle de la conscience et de la volonté, il s'ensuit aussi qu'il n'est p$s uniforme pour l'espèce, et qu'il n'est pas invariable pouF l'individu. Même chez l'animal, il obéit à la loi de progrès, et ce progrès est plus ou moins hâté, suivant l'utilité qui en résulte poup l'espèce, plus ou moins retardé, suivant le degro qu'il doit atteindre dans l'espèce, et sans doute aussi selon les aptitudes de l'individu et les influences du milieu.

Les poulaips, les poussins, les jeunes veaux, marchent d'instinct, aussitôt qu'ils sont Rés, action aromatique, fa-* cilitéo par leur organisation, mais qu'ils perfectionnent par l'exercice et l'attention. L'oiseau vole, oij essaie de Voler, dès que ses ailes sont assez fortes. Et voyez comme l'héré*dite intervient utUemept dans de§ cas Semblables : la brebis ne peut soigner son petit comme la guenon ou la femme ; il périrait donc, s'il ne pouvait se tenir sur ses jambes et bientôt marcher, comme il le fait. L'enfant tète d'iostinct, et, comme Je& chats, les ehiens, et les agneau*, il apprend, très vite d'ailleurs, a opérer une succion en général rapide et sûre ; mais, quoiqu'il ait la faculté instinctive de mar* cher, il apprend à marcher par de longs efforts, efforts conscients et progressifs, Au pri* de quels tâtonnements,

t. Êtwfo sur les facultés mentales des <*nin?çnwc, k L P< 294 et s»uiv,

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