Luys, Le cerveau et ses fonctions, p
Mes deux petits chats, que la mère a laissés pour aller vider une tase de lait que je lui ai présentée, après s'être agités de toutes façons pendant quelques secondes, s'arrêtent, collés l'un contre l'autre, prêts i dormir. Tout à coup la mère revient, effleure de ses deu* pattes de devant le rebord de la boîte, et retombe légèrement 4 côté d'eux, sans les toucher. Aussitôt les deux petits sô redressent, , comme mus par uû ressort, la tête haute et dodelinante : le léger bruit que la mère a fait en rentrant dans la boîte et le mouvement qu'elle lui a imprimé, et qu'ils ont ressenti, ces impressions auditives et musculaires se sont associées dans leur cerveau à l'idée de sa présence, et à celles-ci l'idée de téter, car ils se mettent immédiatement à l'œuvre. — A un mois et demi, les deux mêmes chats, ayant fait connaissance avec la viande crue, se jettent, l'un après l'autre, sur une boulette de papier rouge, qu'ils ont prise pour un morceau de viande, et se disposent à la manger ; la sensation d'une couleur déterminée s'est associée pour eux à l'idée d'un aliment et aux mouvements de préhension et d'absorption, qu'ils produisent déjà par action réflexe. Dès l'âge d'Un mois, ils ont appris, Sans qu'on les y amenât ou les y contraignît, à aller au plat qui sert de water-closets â la famille : l'odeur seule de ce vase a produit en eux automatiquement certains mouvements appropriés aux besoins qu'elle leur a immédiatement suggérés ; trois jours après, le pli était si bien pris, qu'il venaient de très loin vers le vase, quand ils éprouvaient ce besoin. Ces trois exemples nous paraissent suffisants pour établir, chez les jeunes animaux, l'existence très caractérisée des associations d'impressions diverses, concomitantes (1),
Un petit enfant de quatre mois et demi est sur les bras de sa mère ; sa nourrice qui revenait après une courte ab-