‹ La psychologie de l'enfantChapitre 9 sur 109 · LES PREMIERES IMPRESSIONS OU NOUVEAU- NE · texte numérisé non relu

LES PREMIERES IMPRESSIONS OU NOUVEAU- NE

1 L'enfant a déjà fait connaissance avec la douleur dans le sein maternel, et Ton ne peut savoir jusqu'à quel point le rude travail de la naissance le fait souffrir. M^is c'est une bien douloureuse expérience pour lui que celle de ses premiers rapports avec les réalités extérieures. Aussitôt que sa tête arrive au contact- de l'air, ce fluide s'introduit par torrents dans les tissus délicats de ses organes respiratoires, et la successjon progressive des mouvements d'inspiration et d'expiration, qui établit la respiration pulmonaire, ne se fait pas sans de pénibles ébranlements : c'est pourquoi les premiers bruits que fait entendre l'enfant sont des sortes d'éternuement analogues aux effets d'une suffocation, et des cris douloureux. Ce n'est que lentement, et au bout de quelques jours, que le petit être est accommodé à vivre dans Fair qui lui convient. Quand il arrive au monde, dénué des forces de résistance qu'il possédera plus tard, son fin épiderme est tout à coup enveloppé d'une atmosphère très froide relativement à la température du sein maternel qu'il vient de quitter. Le froid est le plus sérieux ennemi des nouveau-nés, et l'on sait avec quel soin les animaux s'efforcent de réchauffer de leur chaleur leurs petits. Les précautions que nous prenons, pour atténuer pour l'enfant l'action nuisible du froid, n'empêchent pas cette action de s'exercer cruellement au moment de la naissance. Si l'opération du premier lavage à l'eau chaude ou tiède est faite assez rapidement pour que l'enfant ne se refroidisse pas trop, l'étoffe et l'éponge dont on se sert ont beau être douces, l'extrême sensibilité de la peau rend le nouveau-né très impressionnable à leur contact. Ses membres, arrachés à la

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