Op. cit
Il offre dans chaque enfant des modifications particulières, que le langage ne peut exprimer, mais que l'oreille peut saisir ; aussi le cœur d'une mère sait-il distinguer le cri de son enfant de celui des autres (4). » Ce point, plus intéressant pour le philologue et le naturaliste que pour le psychologue, appelle donc des informations nouvelles.
Remarquons que M. Egger, tout en rattachant l'imitation au premier éveil de l'intelligence, déclare cependant qu'elle se montre très précoce chez l'enfant. Il la trouve déjà fort développée vers neuf mois. Mais il n'aperçoit « nul effort sensible pour imiter les sons entendus. Certaines imitations passagères et accidentelles ne se reproduisent pas assez clairement pour être attribuées à un acte tant soit peu intelligent. » Rappelons-nous que Darwin n'était pas bien sûr que son fils, âgé de quatre mois, tâchât d'imiter les sons, et qu'il ne nota le fait avec certitude que six mois plus tard.
M. Egger, comme M. Taine, fait une large part à l'invention et à l'initiative personnelle dans le développement du langage. Outre les pleurs, les cris, le rire, les gestes, langage naturel « qui devient un commencement de langage artificiel quand il s'y mêle une intention », il admet des jeux de voix involontaires, qui, dès l'âge de six mois, varient à l'infini des ébauches de sons et d'articulations. Il y aurait là un langage instinctif, naturel, commun à tous les temps, à tous les peuples, qui se restreint peu à peu par les progrès d'un autre langage, inventé par l'enfant et susceptible d'une fouie de variétés individuelles. M. Egger, pas plus que M. Taine, n'a noté les formas de ce langage, d'après eux, spontané. Leurs observations ont donc un caractère trop vague et trop général, pour que leurs conclusions soient définitives. Sans doute, il faut admettre, même pour la première époque du gazouillemeut enfantin,