L.V THÉORIE DU TEMPÉRAMENT
L'observateur le plus supcriiciel est frappé d'abord par la ditlereiice des individus, quant aux formes extérieures, au caractère des mouvements, à la direction des penchants et à la formation des habitudes, à la tournure et à la marche des maladies.
L'anatomiste découvre dans le volume relatif des organes, dans la proportion ou la densité de leurs parties constitutives, fluides ou solides, certaines différences qui se rapportent aux différences observées du dehors.
Dans le corps vivant c'est sans doute le système nerveux qui prédomine, mais il faut tenir compte aussi du tissu cellulaire, si l'on veut laisser de côté la fibre musculaire, qu'on peut peut-être ramener aux deux éléments précédents. Le système nerveux, qui imprime la vie à toutes les parties du corps, doit donc être considéré à deux points de vue, selon qu'il agit sur les organes, ou qu'il reçoit, par ses extrémités sentantes, les impressions en vertu desquelles il réagit ensuite sur les organes moteurs. En ce qui concerne le premier point il y a sans doute, sous la différence d'action nerveuse sur les organes, des différences d'ordre chimique, par exemple en teneur de phosphore, ou d'ordre électrique (II, 284). C'est à l'avenir qu'il appartient de les préciser. En ce qui concerne le second, le système nerveux est tributaire des organes et assujeti à leurs différences de constitution (1).
(1) L'organe nerveux est dans une activité continuelle. Tantôt les extrémités gouvernent le centre : tantôt le centre domine les
C^est k partir de ces remarques fondamentales que Cabanis esquisse sa doctrine des tempéraments. La prédominance d'un système organique, d'une fonction, ses effets directs, son contre-coup sur l'ensemble de l'organisme, en même temps l'état du reste de l'organisme, le ton des fibres, l'état d'énergie du système sensitif, expliquent tous ces caractères organiques ou psychiques fondamentaux (état des sensations, ordre des mouvements, caractère des habitudes) dont l'alliance constitue le tempérament. 11 y a dans sa doctrine une sorte de mécanisme organiciste, qui oscille entre le monisme et le pluralisme. Ainsi il semble parfois, comme dans la description du sanguin, que la prédominance du système circulatoire suffise à entraîner par son action directe à la fois et par son action indirecte, c'est-à-dire par l'effet dune circulation active sur le tissu cellulaire, sur les fibres, tous les caractères qui constituent ce tempérament. Cal)ams, ici, construit le tempérament sanguin en partant de Ihyperactivité circulatoire ; le développement du poumon est le fait principal ; le cœur, soit pour le volume, soit pour la force, est toujours en rapport avec le poumon ; la circulation plus rapide'entretient une souplesse moyenne
extrémités. De plus la moelle épinière et le cerveau reçoivent un nombre considérable «le vaisseaux de toute espèce : d'où une source l'éconde d'impressions aux«|uelles les exlrémitc's sentantes n'ont au moins directement aucune part. Voir X^ .M(''in., Il, 283 (1824).