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à L'image de Mme de Chasteller traverse parfois profondément cette vie d'intrigues, comme l'image de Métilde avait traversé la vie de Paris. « C'est dans les brillants salons de Paris... que j'ai le plus aimé ma pauvre maitresse solitaire et triste au fond de la Romagne ». « Les folles idées de retourner à Milan, que javais si souvent repoussées, me revenaient avec une force étonnante » (4).
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Ny a-t-il pas chez Feder, quelque chose d'un Stendhal vicilli, assagi et plus habile auprès d’une Valentine, qui à quelques traits de Mme de Chasteller (2 ). Il est vrai que la nouvelle s'arrête au moment où Feder devient passionnément amoureux. Mais Feder s’est défendu tant qu'il a pu contre cet amour éperdu : il a cherché à se maintenir dans cette extrême intimité qui Sur toute chose s'est établie entre Valentine et lui ; à
ne faire aucun pas décisif qui pût le priver tous les Soirs de l'heure délicieuse, dont l'espérance anime toute sa journée « et qui, dans le fait, est l'âme de sa vie », soit que ce pas décisif amène Valentine à se séparer de Jui par religion; soit que la possession doive aboutir à onu, puis aux reproches et à la rupture. Done il a cherché à se maintenir au bord de l'amour et dans sa
É (1} Souvenirs d'Egotisme, 121.
(2) Feder ou Le Mari d'Argent (Nouvelles inédites).
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zone tiède et favorable : à se défendre contre la folie de la passion : « le plaisir de passer sa vie dans l’inti mité la plus sincère avec une jeune femme charmantes et qui peut-être l’aimait » c’est tout ce qu'il veut de l'amour.
Mais on sent pourtant que la passion l’entraine ne gré lui. ILest vrai qu’il a peur de son âme et de l'amour, È dont il a connu jadis, avant d’être un roué, les étranges folies ; il a peur de la dévotion de Valentine. Mais il s’est laissé entrainer à la voir tous les jours; d'abord» par plaisir d'artiste; puis pour se distraire de ses remords d'artiste qui sent sa médiocrité; puis parce qu a peu à peu cette habitude a comme suspendu tous les autres sentiments qui agitaient sa vie. Et sa tactique même de réserve l’entraine plus loin qu'il n'aurait voulu. « Je n'ose vous dire que je vous aime avec pas® sion... J'ai regardé le caractère des femmes comme offrant tant d’inconstance et de légèreté, que je 1% me laisse aller à aimer passionnément une femme qué quand elle est toute à moi ». Mais il ne cherche point à forcer Valentine ; sa tactique est de ne jamais parles d'amour avec elle tout en faisant tout ce qu’il faut pour porter sa passion au délire. Sa timidité voulait la forcer à parler la première. ;
N'est-ce pas là ce que Stendhal rêvait qu’il aurait d L faire et ce qu’il souhaitait le plus que Métilde eût fait}
Il ÿ a chez Valentine, jeune provinciale dévote, assoum pie par l'éducation du couvent et qui s’éveille pa
: provincialisme qui prend une
craintes tragiques devant cette liaison commencçante : réserve et orguerl féminin, qui trouvent qu'on la traite bien légèrement et comme jouant à pair ou impair le langer de se faire fermer sa porte, et qui s’en prennent à elle-même : «il faut que ma conduite ait été bien
t, en même temps à un sentiment de surprise et d'horreur : « je meurs de honte en vous regardant » (1). *