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Stendhal a beaucoup vanté la musicalité de son âme! Le hasard a fait que j'ai cherché à noter Les sons de mon âme par des pages imprimées. La paresse et lé manque d'occasion d'apprendre le physique, le me 4
la musique, à savoir jouer du pi
ont eu beaucoup de part à cette dci e | eût été tout autre, si J'eusse trouvé un oncle ou une maitresse aimant la musique. Quant à la passion, ellé est restée entière » (1). Aussi n'a-t-il pas craint d'écrire* « la musique, mes uniques amours ». Il s'est représ senté lui-même sous les traits de cet amateur qui né connait rien aux notes; et cependant la plupart de leurs combinaisons, même les plus simples, représeré tent à ses yeux, avec force et clarté, une nuance de sentiment. Au contraire, d’autres « ont une aptitudé
étonnante pour percevoir les sons et leurs modes dit
rents ; mais ces sons ne représentent pour eux aucum
mouvement de l'âme, ne leur rappellent aucune pas
sion, où nuance de Pessio (2) ». Au dernier degré
À Ft
(1) Brülard, NW, 97. Cf. H. de la P., 119. « La nécessité du mécanisme pour devenir artiste ».
« Je ne. dis pas qu'on ne puisse être amant passionné et fort mauvais peintre ». Zbid. ;
(2) Rossini, 236. Le pédant de la musique et l'amateur sensibl Journal, 240. « Je fais, n’y voyant plus, dé la musique avec mes doigts et ma voix susurrante, sur ma table, je la sens jusqu’at . fond du cœur, elle me fait frissonner, je me sens les yeux pleins
serait l'exécutant, fort sûr de son instrument qui trouve plaisir surtout « dans cette harmonie compliquée » qui montre la science du compositeur et fait paraitre sa propre habileté. Celui-là s’est presque tout à fait éloi- | gné de la musique par sa longue société avec les croque-notes, par l'habitude d'entendre, sans enthousiasme, les belles choses qu'il joue, par l'attention à la difficulté technique (1). |
DA dix ans, son père l’empêchait violemment d’étudier la musique. Et quant on le lui permit, à seize ans, il eut horreur tout le premier des sons exécrables qu'il faut produire pour l'apprendre : sa passion pour les mathématiques l’entraina et cette horreur l empêcha d'y revenir (2). Il resta simple amateur, ou plutôt
adorateur. Cet amour, né avec l'amour pour Kably et
a ; de larmes, tant il est vrai qu'avee une âme sensible, on est musicien ». Brûlard, I, 97. Dans les beaux temps de mon goût pour lämusique, je ne pouvais m'empêcher en lisant un libretto de faire toute la musique... cela était comme la première idée. d’un livre qui me vient. Egotisme, p. 99. De 1814 à 1821 en Italie, je poufais discuter musique avec le vieux Mayer, avec le jeune Paccini, wec les compositeurs. Les exéculants. trouvaient au contraire que & n'avais pas le sens commun. C’est comme aujourd’hui si je parhais politique à un sous-préfet. Brülard, 1, 274. « Mais je dois dire ans alfectalion aucune qu’au même moment, je sentais dans le morceau qu'on exécutait des nuances qu'ils n’apercevaient pas ». «A peine je connaissais les notes, mais je croyais avoir des idées, je le crois encore aujourd'hui » Brülard, IL, 97.
©) prard, E 974. PÉHRBTTES d'Egotisme, 90.
préparé par de lointaines impressions d'enfance (L} fut peut-être son amour prédominant. Dans le voyage vers l'Italie, la musique des eloches approfondissait l'émotion des paysages (2). Et quand il entendit Cimas
rosa, tout fut divin (3). La musique « mes uniques
amours » (4). à
On connait ses préférences : Cimarosa, Mozart, Ros= sini (5); Mozart, ce génie de la douce mélancolie, les soupirs d'une âme tendre, les jeux d'une imagination tendre en délire ; ce chant divin, que tout homme qui
souffre d'amour se rappelle involontairement; la ten=
dresse passionnée et la plus délicate. Cimarosa, Le musicien des jours de bonheur, le style comique ‘et passionné, la beauté, la joie et la gaieté. L'âme selon Mozart, c'est celle « dont la force est surmontée par la sensibilité », celle qui « dans ses moments d' émotion devient l'émotion elle-même » Chérubin, chantant aus pieds d'une marraine adorée. L'âme selon Cimaros
est pleine d'énergie et loin de toute langueur. C'est k
(4) Brülard, 1, 267. Le son des cloches de Saint-André ; le brill de la pompe de la place Grenette ; enfin, mais le moins de tout, le bruit d’une flûte que quelque commis marchand jouait, au qua trième étage, sur la place Grenette. V. Rouge, 191, Julien et le son
. des cloches. |
(2) Brülard, I, 112; v. aussi Amour, 245.
(3) Zbid., 192. c |
(4) « J'ai soif de musique; une soirée sans musique me sembl avoir quelque chose de sec et de malheureux ». A. N.F., 122.4
(3)-Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase ; Rossini. Cf Histoire de la Peinture, 226, 243. Rome, Naples, Florence, 256
note. Corresp., IH, 380.
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