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mariage ; sur les arts (1), le ridicule et la mode (2).
À Cabanis, « dont le style vague Le désole (3) », Stendhal doit sans conteste possible, la doctrine des tempéraments dont il à fait un des principes fondamentaux de la psychologie et d’une manière générale,
la considération de l'homme physique (4).
À (4) « Si les Arts nous charment, cest en retraçant, en embellissant à nos yeux l’image des plaisirs déjà éprouvés ; c’est en ral- $ lumant le désir de les goûter encore. » De l’Homme, IV, p. 188.
(2) La mode, en remplaçant continuellement un ancien monde par un nouveau, efface bientôt du souvenir des hommes les ridi- 3 cules anciens et les auteurs qui les ont peints, [, p. 344. }
(3) Brülard, F, 12. £
(4) Egotisme, 48; Corr., 1, 223,259 ; IL p.297: Rome, Naples et 1 Florence, p. 174. — Voir notre appendice sur le Tempérament — Haydn, p. 168. « Cabanis vous dira que la joie accélère le mouvement du sang et veut le temps presto. » Mozart, p. 284.
Par exemple la théorie sur la concentration et la distribution de la sensibilité, « Cabanis nous apprend que l’homme n’a chaque jour à dépenser qu’une certaine quantité limitée de cette substance jusqu'ici peu connue, nommée fluide nerveux. On ne peut pas dépenser son bien de deux manières; l’homme, fort aimable dans un salon, le sera moins avec ses amis intimes. » Rome, Naples et Florence, p. 174. ;
Cf. Journal d'Italie, p.316. C’estpar une concentration extrême de la sensibilité que Stendhal expliquelesdéfaillancesdesa mémoire M sous l'influence de l'émotion. Voici le passage de Cabanis cité par - Jui. « Remarquons que la sensibilité se comporte à la manière d'un fluide dont la quantité totale est déterminée, et qui, toutes les fois qu'il se jette en plus grande abondance dans l’un de ses canaux, diminue proportionnellement dans les autres. » /falie, p. 317.
Voir l'exemple curieux de Cabanis, [, p. 405 : « les femmes vaporeuses et délicates qui dans leurs mouvements convulsifs, acquièrent une force extraordinaire ; c’est que la sensibilité diminue en même proportion. Le mouvement augmenté n’est ici qu’une modification
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- Stendhal a bien vu que Cabanis était un précurseur ét qu'une bonne partie de sa doctrine n'était qu hypo thèse.
« Cet auteur n'a pas tout le tort que Crozet et moi nous lui trouvons; ses torts sont dans la forme ; 1} affirme trop et montre trop comme étant prouvées des choses qu'il devait donner comme-des aperçus singuliers, comme des révolutions singulières vues des astres. [L a voulu être au niveau des connaissances en 1900. IL a laissé aux autres le soin de prouver{1). »
H à bien compris la tendance mécaniste de sa méthode (2).
du sentiment, au ton duquel il paraît se monter pour le balancer et lui servir de contrepoids. .. Lorsque le sentiment s émousse pour laisser prédominer le mouvement, c'est encore par une opération du système sensifif. »
- L'influence de Cabanis a pu être fortifiée en ce qui concerne cette doctrine par celle de Biran qui est toute semblable.
. Sur la théorie des deux vies (vie organique et vie de relation), voir Histoire de la Peinture, p. 212.
Sur Pinel, voir Corr., E, p. 364; Arbelet, p. 270.
(1) Ztalie, 4813, p. 316, n.
(2) « Probablement Léonard [de Vinci] approcha d’une partie dé a science de l'homme, qui même aujourd’hui esl/encore vierge : à connaissance des faits qui lient intimement la science des pasions, la science des idées et la médecine. Le vulgaire des peintres 1e considère dans les larmes qu’un signe de la douleur morale. 1 aut voir que c'en est la marque nécessaire. C’est à reconnaître la lécessité de ce mouvement, c'est à suivre l'effet anatomique de Ia louleur depuis le moment où une femme tendre reçoit la moutelle de la mort de son amant jusqu’à celui où ellele pleure, c'est Loir bien nettement comment les diverses pièces de la machine
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S'il y a si peu de critiques contre Tracy, c’est d'abord peut-être que Tracy est le plus intellectualiste des idéologues. À Destutt de Tracy Stendhal doit sans doute, peut-être autant qu'à son génie propre, de n'avoir pas poussé plus loin ses tentatives philosophiques. Tracys
68 LA PSYCHOLOGIE DE STENDHAL | "à |
considérait sa propre philosophie comme complète et
définitive : Stendhal partage cette impression (1) : : donc pourquoi y revenir ? L'Idéologie est là, toute constituée : elle explique entièrement l'homme ; entièrement, sauf les sentiments (2) : Tout ce qui est affectivité ets rêve de l’affectivité n’a été qu’entrevu par les Idéo-
logues ou bien cela a été déformé par eux. L' originalité
CA PRES PTE
de Stendhal sera donc d'appliquer à ce domaine nou: veau la méthode idéologique, et tout en respectant ne sensibilité passionnée, de l’analyser et de l’expliquers
comme un phénomène primitif. En cela il est égale
humaine forcent les yeux à répandre des larmes que Léonard s’aps plique… |
« Je ne connais que deux écrivains qui aient approché franche= ment de la science attaquée par Léonard : Pinel et Cabanis. » Histoire de la Peinture, p. 169. Voir aussi, p. 170, le passage sur le chagrin. Ë
(4) Corr., I, p. 263 : « Au moyen de trois volumes de Tracy qu'on pourrait facilement réduire à un, Îu es dispensée à jamais, de lire Aristote, Locke, Condillac, etc., Port-Royal, le Père Bufa fier, ete. Avec Tracy et Helvétias, qui s'accordent pour le fond des, choses, tu es tout de suite sur la frontière de la science, tu pou observer l’homme dans la société ou dans l’histoire. »
(2) Gorr., I, p. 131 (4804): « Tu connais bien le cœur et tu as une âme ardente quite l'explique assez; reste la tête. Je t’enverr ai incessamment l’Idéologie de Tracy. »
de LÉ tn las
ment loin et de l’idéologie et de la sensibilité romanti- “que (1). En cela il les concilie. On n'a pas eu tort de - dire que son originalité propre c'était la fusion de ces deux courants.
. C’est par cette pointe de sensibilité romantique, par cet émoi de la sensibilité, qu'il faut soumettre au con- -trôle de la raison et de la volonté pour la posséder pleinement et qui dévie pourtant, dès qu'on la soumet à -un contrôle, que Stendhal se rapproche de Biran. = Comme nous aurons occasion de le montrer avec plus “de-détails dans la suite de cette étude, Stendhal vérifie - par son observation personnelle et adopte pleinement - la distinction biranienne de la sensation et de la per- - ception. La sensation forte occupe l’âme et échappe à - l'esprit; nos sentiments nous échappent (2). Pour les - posséder, il nous faut les percevoir. En les percevant nous devenons capables et de les connaitre et de les diriger. Réfléchir fait sentir : ainsi dans les beaux arts. - La vie parfaite est un heureux équilibre de sensation
et de perception. Mais cet équilibre est rarement
(1) « Dérousseauiser mon jugement en lisant Destutt. » Journal, p. 96.
(2) Amour, p. 137. « Cela empêche de penser à force de sensation. » Stendhal a été vivement frappé par la formule de Biran. - « Toutes les fois que nous sommes animés de quelque sentiment un peu énergique, nous ne distinguons rien, nous sentons {rop pour percevoir. » Ed. Cousin, I, p. 450, n.
atteint. Ainsi notre vie échappe et à notre volonté et à
notre mémoire ({).
(1) Nous reviendrons sur ce point dans la suite de cet ouvrage."
Voici les textes. Corr., 1, p 152 (8 mars 1805) ; la sensation : Une vue faible est éblouie d’un éclair dans la nuit ; cet éclair la trouble
et la transporte tant, elle le sent si fortement, qu’elle n’a pas eu le temps (la présence d'esprit) d'examiner sa direction, ni les
nombre de ses zigzags ; perception : une vue plus forte, qui en est"
moins émue, qui la sent moins fortement, la décrira mieux parce
qu'elle l’aura mieux observée.
Presque toutes les jeunes filles, et parmi les hommes, les têtes
romanesques sont toutes à sensation.
Journal, p.226, 152; (1805) 174, 184, 2092, 215, 227. Brülard, I,
Biran est cité dans le Journal, p. 154 (année 1805) : « J'ai {ra-«
vaillé avec Gripoli à Biran trois heures un quart. »
P. 226 (1805) : « Voilà où l’étude de l'Idéologie (Tracy et Biran) «
m'est utile. »
Journal de Brunswick (Nouvelle Revue française 1914, p. 547) : « je suis en train de lire Tracy, Biran et l'/omme d'Helvétius.… Si,
comme je dit Biran, l’on n'a de mémoire musicale que parles sons”
qu'on peut reproduire, il faut apprendre à chanter pour se souvenir des beaux airs. » Cf. Rossini, p. 6 : « En musique, on ne se rappelle bien que les choses que l’on peut répéter. »
Le 45 septembre 1817, Stendhal envoie un exemplaire de l’Ais-.
toire de la Peinture en Italie à M. Maine de Biran, rue d’Agues-”
seau, 22 (Paupe, Histoire des Œuvres de Stendhal, p. 24).
Certains passages du Journal témoignent d’une sensibilité assez
analogue à celle de Maïne de Biran et lon ne serait pas embarrassé d’en trouver l'équivalent dans le Journal intime.
« Par la nature de nos nerfs, le bonheur extrême lorsqu'on y.
parvient me peut pas durer plus d'une heure. » Corr., 1, p. 244.
(1806) : « Ce «qui ne se fame pas, c'est un état heureux, une sagesse
qui apprenne à éviter les peines. » | CF. F, p. 233 : « Cet état d’extase que tu te figures peut-
être. l’homme d’après sa nature, ne peut le trouver que deux
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