‹ La psychologie des élusChapitre 13 sur 57 · Dom Gréa, de l'Eglise et de sa divine constitution · texte numérisé non relu

Dom Gréa, de l'Eglise et de sa divine constitution

Paris, 1885, p. 4.

liques. Les Anges, ses frères, viennent avec allégresse au-devant d'elle. Ils lintroduisent dans leurs phalanges ; elle devient semblable à eux et la cordialité qui unit tous les membres de la cité céleste fait oublier les distances et les inégalités naturelles, dans la communion à une même sainteté et à une même récompense.

Idée bien consolante ! Quand on perd quelque petit enfant, les larmes se sèchent à la pensée qu 1l s'est ÉAvalé comme un Ange vers les cieux ; l'Eglise refuse de prendre le deuil, ses cloches tou entendre les mêmes volées } joyeuses qu'au jour du baptême de cet enfant, et c’est la messe des Anges qui est célébrée sur un cercueil autour duquel le noir est remplacé par les couleurs du ciel et de l'innocence. Eh bien ! si ces petits enfants sont des Anges en paradis, les âmes des adultes, quand elles ont complétement lavé leurs souillures dans le bain de feu du Purgatoire, sont devenues elles aussi comme de petits enfants. Notre Seigneur, en effet, n'at-il pas dit que pour entrer en Paradis il faut leur ressembler ? Ces âmes donc sont pareillement des Anges. Epouse chrétienne qui pleurez votre époux mort après une vie d'honneur, de fidélité à votre affection, de foi chrétienne, consolez-vous ; s’il vous a quittée, les Anges l’ont recueilli, il est devenu l’un d'eux. Dépouillé du corps sous lequel il vous apparaissait, là-

haut, esprit pur, intelligence et volonté lumi-

neuse et ardente, il vit de la vie des Anges. Fille pieuse, qui regrettez une mère tendre-

ment aimée, ne la pleurez pas, on ne pleure pas à la naissance des Anges.

VII. —— Nos morts ne sont pas seulement confondus avec les Anges par la nécessité de remplir parmi ceux-ci Fi vides causés par la défection de Lucifer, ils leur sont encore assimilés par la nature de leur âme et par la nouvelle condition où celle-ci est placée.

Que sont, en effet, les Anges ? Des esprits purs, des substances ir allee indépendantes de tout corps, douées d’une énergie intellectuelle et libre : vouloir et savoir sont les deux pôles entre lesquels s'exerce toute leur activité ; l'intelligence et la volonté sont les deux puissances par. lesquelles s’épanouit leur être et leur vie.

Or, l’âme qui est appelée au bonheur céleste, qu'est-elle autre chose qu'un esprit, une substance immatérielle et immortelle ? Sans doute, il reste en elle quelques traces de son contact, de son union avec la matière ; mais cette matière l’a quittée ; avec elle se sont évanouies les facultés organiques, celles qui entretenaient la vie du corps, celles qui alimentaient la vie sen-

sible. Désormais l'âme existe sans le corps, elle vit sans lui, il. ne lui reste que deux facultés, l'intelligence qui connaît, la volonté qui décide et qui aime. N'y a-t-il pas là une parenté bien étroite avec les Anges ? Et ne pourrait-on pas dire que si les Anges sont des esprits supérieurs, l'esprit humain au ciel est un ange inférieur ? Inférieur, certes, 1l l’est. La nécessité où il a

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