AIRES LI ET M
été de passer par le corps, pour naître et pour être humain, la dépendance dans laquelle il a vécu par rapport à la matière corporelle, le sceau
indélébile que cette existence commune avec
une substance inférieure a gravé sur lui, sa des-
tinée qui veut qu'un jour il reprenne son corps
ressuscité, une certaine impuissance de con-
naître aussi clairement que les intelligences an-
géliques, tout cela place l'esprit humain, même
séparé du corps, à une assez grande distance au-
dessous des Anges.
Et pourtant cette distance paraîtra bien diminuée si l’on songe que, d’après une doctrine théologique fort probable, il y a d’un Ange à un autre Ange différence spécifique et pour ainsi dire de race. Chaque Ange constitue une espèce | ct diffère d’un autre Ange comme la rose diffère de la violette, comme l'aigle diffère de la colombe. è
Dès lors, la diversité de races qui existe entre les Anges et l’âme humaine paraît un obstacle moins grand à les comparer.
Ajoutons à cela que si l’âme de l’homme n'est pas définitivement affranchie et doit un jour être réunie à son corps, saint Paul nous affirme que ce corps ressuscitera non plus dans. sa corruption, dans son ignominie, dans son infirmité et son animalité primitives, mais dans l'incorruption, la force, la gloire et la spiritualité *. C’est une matière spiritualisée, trans-
1 & Sic et resurrectio mortuorum, Seminatur in corruptione, surget in incorruptionc. Seminatur in ignobi-