‹ La psychologie des élusChapitre 42 sur 57 · Trailé de l'amour de Dieu, 1. HI, c. xav · texte numérisé non relu

Trailé de l'amour de Dieu, 1. HI, c. xav

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monde, quand le maître fait une leçon de choses à ses jeunes élèves, il met sous leurs yeux les

objets dont il veut leur expliquer la nature ou

l'emploi : il leur montre, il leur met en mains les mesures dont ils auront à se servir dans la pratique de la vie, les instruments des travaux les plus répandus, les plantes qui les nourrissent ou qui les guériront. Mais ce que le maître ne fait pas et ce dont il est incapable, c'est donner à ses élèves des yeux pour voir, des mains pour palper ; l’élève arrive avec ses sens tout formés, avec la faculté de sentir, de voir, de toucher. — Pareillement le professeur chargé d’enseigner la littérature ou les sciences à un jeune étudiant raconte à son intelligence et confie à sa mémoire l’histoire de l'esprit humain, les moyens employés par les grands écrivains pour émouvoirs les cœurs ou provoquer les convictions, il reproduit les grandes expériences de la physique ou de la chimie, décrit les observations astronomiques, mais il ne s'imagine pas qu'il puisse donner à son auditeur la faculté de savoir ou de raisonner. Celui-ci iui arrive doué

d'intelligence et animé de bonne volonté, c’est à

une raison déjà née et éveillée que le PrOTRR QUE s’adressera.

Quand nos morts sont arrivés en face de l'Infini divin, non seulement ils en ignoraient le mystère comme l'élève à son entrée à l’école du maître, mais encore 1ls n’avaient ni la faculté, ni le pouvoir de pénétrer ce mystère : ils manquaient d’yeux pour le voir, de raison suffisante pour le sonder, car de même que l'œil

ést incapable de suivre un raisonnement, ainsi l'intelligence humaine livrée à elle seule ou même doublée de la vertu de foi est dans l’impossibilité radicale de contempler Dieu face à face dans le ciel.

Dieu, en se faisant l’instituteur de nos chers disparus, a donc commencé par leur donner la faculté de le voir, c’est-à-dire qu'il a accordé à leur intelligence un surcroit de force appelé « lumière de gloire » et qui permet à l'âme de découvrir des horizons jusque-là inaperçus, de sonder des mystères jusque-là enveloppés de ténèbres. Ecoutons encore ici l’aimable évêque de Genève : « La suavité de la Sagesse éternelle a disposé de ne point appliquer son essence à notre entendement qu'elle ne l'ait préparé, revigoré et habilité pour recevoir une vue si éminente et disproportionnée à sa condition naturelle, comme est la vue de la divinité... Tout ainsi donc que Dieu nous a donné la lumière de la raison par laquelle nous le pouvons connaître, comme auteur de la nature, et la lumière de la foi par laquelle nous le considérons comme source de la grâce; de même il nous donnera la lumière de la gloire par laquelle nousle contemplerons comme fontaine de la béatitude et vie éternelle, fontaine, Théotime, que nous ne contemplerons pas de loin, comme nous faisons maintenant par la foi, mais que nous verrons par la lumière de gloire, plongés et abîmés en elle !. »

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