‹ La psychologie des élusChapitre 50 sur 57 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

I. — Nous avons fait voir que nos morts peuvent quelque chose pour nous. Eux qui, | sur la terre, mettaient leur bonheur à se dépenser pour nous, eux si dévoués, si pleins d’entrain et d'énergie quand ils savaient que leurs eflorts auraient notre utilité ou notre agrément pour résultat, là-haut ne se reposent pas dans l’inaction et l'indifférence. Ils continuent à s'occuper de nous, à nous entourer d’un souci sans aucune fatigue, à nous accorder un travail sans eflort et sans peine. Et ce dévouement céleste les réjouit et contribue à leur félicité parce qu'il est donné pour nous qu’ils aiment.

Mais comment peuvent-ils nous secourir ?

Il ne suffit pas d’avoir démontré leur puissance, il est nécessaire d'en décrire les actes, d’en

analyser les procédés, d’en suivre les voies.

Ils exercent en premier lieu sur nous une puissance de contagion. L'Ange de l'Ecole parlant des Anges du ciel, a, sur ce sujet, des pages d’une haute doctrine. Il établit que les esprits célestes supérieurs, en se tournant vers. - Les esprits inférieurs ou vers les âmes humaines, en s’approchant d'eux en quelque sorte, les fortifient et font passer en eux quelque chose de leur force et de leur perfection. Un foyer rayonne et répand sa chaleur autour de lui ; un flambeau projette dans l'atmosphère qui l'entoure l'éclat de sa flamme ; le mouvement produit par la chute d'un corps au milieu d’une eau dormante se propage en cercle et gagnant de proche en proche va se briser contre les rives. Le contact avec une personne vertueuse rend meilleur. Se rencontrer avec une personne sainte, l’approcher, même sans lui

parler, donne à l’âme je ne sais quel goût pour

la vertu, je ne sais quelle aspiration vers le

bien. Ainsi dans le monde des esprits rayonnent

chaleur, lumière, mouvement et vertu. Une contagion mystérieuse, intime, profonde, va de l’un à l’autre, portant à celui-ci, comme une effluve spirituelle, les qualités et les per-

fections de celui-là. Cette contagion que nous

avons constatée sur la terre, que les théologiens affirment dans le ciel. va aussi du ciel à la terre. Nous ne la sentons pas, c'est une sorte d'infiltration inconsciente de meilleur que nous

Ë À e | #3 en nous : mais pourquoi ne pas l’admettre)

Pourquoi nos morts en nous assistant, en

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s’approchant de nous, ne feraient-ils pas.

rayonner sur nous et en nous quelque chose

de leur noblesse morale, de leur force et de leur bonté, à la façon dont les Anges les fortifient et les élèvent eux-mêmes par leur simple fréquentation ? Oui, croyons-le avec les grands théologiens, le voisinage des esprits est bon, il fortilie, il améliore, et 1l nous est pro-

fitable que. nos morts soient auprès de nous.

II. — À cette influence de contagion, 1l faut joindre une influence de suggestion. Nos morts

. nous parlent, ils nous conseillent. Eclairés par

Dieu lui-même, nourris de vérité, pénétrés de sagesse et de prudence, ils sont devenus les meilleurs et les plus sûrs des conseillers. Ils pèsent toutes choses non plus au poids humain, non plus même au poids du sanctuaire, mais au poids de l'éternité: ils savent jé problèmes qui nous agitent la solution droite et juste, de nos entreprises ils prévoient l'issue. Et par leurs sages suggestions ils nous sollicitent au bien et à l’équitable, Ah! que nous serions parfaits et que saintes seraient nos actions si nous entendions la voix de nos morts et si nous lui obéissions.

Mais, enfin, cette voix, qu’est-elle donc?

Elle n’est ni le son de l'air agité par une bouche humaine, n1 la vibration d’un corps sonore, ni un souffle, ni un geste, ni aucun

des signes matériels par lesquels nous tradui-

sons notre pensée à nos interlocuteurs. Les morts, avec l'autorisation divine, peuvent

exceptionnellement et par miracle faire vibrer

l’air et faire entendre à nos oreilles des sons où se révèle leur pensée ou leur volonté. Evoqué par la pythonisse d'Endor, consulté par Saül, Samuel peut monter de la terre, couvert d'un manteau et dire à Saül : :« Pourquoi m’avezvous troublé de sorte que je fusse invoqué. » Il annonce au roi la fin de sa puissance et de sa race, et « Saül tombe et reste étendu sur la terre, épouvanté des paroles de Samuel !».

IT. — D'une façon habituelle et orbole

tout autre est le langage des morts, et ce n'est point par nos sens que nous percevons leurs paroles. Il est incontestable que la fonction d’Ange gardien . auprès de nous n’est pas une sinécure ; l’Ange gardien, placé par Dieu à nos côlés pour nous garder, nous garde réellement. S'il nous protège contre les ennemis du dehors par l'exercice d’une puissance dont nous avons déjà parlé et sur laquelle nous reviendrons plus loin, il nous protège aussi contre nous-

mêmes. Cette mission de protection interne, 1l

l’accomplit par ses conseils, par ses lumières. Il est pour nous un conseiller. Il nous parle. La piété chrétienne, s'adressant à cet Ange gardien, lui dit : « Ange de Dieu, préposé à ma garde, éclairez-moi, gardez-moi, dirigez-moi,

% , SN gouvernez-moi. » Qu'est-ce que cette lumière.

rojetée par l’Ange sur l’âme humaine, sinon ] P fo) une parole, un enseignement, un conseil ?

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