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L'Ange parle donc à l’homme, pourquoi l’esprit humain qui vit avec les Anges et qui vit en Ange, ne pourrait-il pas parler lui aussi à son frère resté 1ci-bas ; pourquoi ne pourraisje pas entendre la voix d’un saint patron, d’un ancêtre, comme j'entends la voix de mon
Ange ?
IV.— Du reste, sije veux réfléchir un instant et me replier sur moi-même, je constaterai que chaque jour, à chaque instant, je profère moimême des paroles toutes spirituelles où la bouche n’a aucune part, où aucun son n’est émis et qui retentissent dans une atmosphère supérieure à celle où se passent les phénomènes perçus par mes sens. Mon esprit s'est livré à la contemplation de son Créateur, il en a saisi la puissance, sa bonté lui est apparue mêlée de sagesse et de justice. En même temps mon esprit s'est ému, il a vu que ce Dieu est souverainement aimable, il s’est tourné vers ma volonté, vers mon cœur, il leur a dit en un langage éloquent et persuasif la tendresse et l'amour du Seigneur. Et ma volonté et mon cœur ont entendu la voix de mon esprit et ils ont aimé mon Dieu. Qui d’entre nous ne s’est tenu à soi-même et n’a entendu, aux heures de prière et de méditation, un pareil langage?
Qui d’entre nous n’a compris cette parole tout immatérielle ? J'irai plus loin : qui n’a trouvé ces discours de l'esprit plus clairs, plus intelligibles que ceux qui tombent des lèvres et que les sons matériels apportent à notre oreille?
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Les morts sont esprits comme mon esprit, ils me parlent d’une manière analogue à celle dont mon esprit me parle à à moi-même, et leur parole tout immatérielle va droit au cœur et à la volonté, sans passer par l'oreille, n1 par aucun sens.
V. — Il ne serait peut-être pas impossible, en se rappelant les jours passés, d'y retrouver des idées jaillies soudain dans les profondeurs de
l’âme et dont la source serait plus haut, au :
cœur d’un ami, d’un père, d’une mère, partis pour le ciel, mais qui ne sont pas le tout à fait muets pour nous. Les pensées humaines sont filles de nos sensations, nous pensons après avoir senti et nous pensons surtout les choses que nous avons senties d’abord ; de plus, les pensées humaines s’enchaïînent, l’esprit de l’homme raisonne et dans ses discours va d’une idée à une autre idée parente de la première ; il n’est pas un papillon qui voltige sans suite et sans liaison d’un sujet à un autre, c'est un voyageur qui avance pas à pas et méthodiquement dans la voie de la vérité, et l’enchainement profond ou superficiel est la loi de ses opérations. Si donc au firmament de notre esprit, une pensée brille soudain, claire, persuasive, que rien n'a amenée, qui n'asa .
raison d'être ni dans ce que nous avons senti précédemment, ni dans les images et les l pensées qui nous occupaient jusque-là, trait de lumière, éclair subit lancé d’en haut, comme un cri qui vient interrompre brusquement la
méditation à laquelle nous étions absorbés, n'est-il pas permis de croire qu'un tel jet de lumière n’est pas le produit du développement normal de notre raisonnement, qu'il nous vient d’ailleurs et de plus haut, qu'il est une parole jetée subitement à notre âme par notre Ange ou par un élu? Oui, nos morts nous parlent, ils nous parlent le langage de l’esprit, ils nous parlent le langage de la sagesse. Il n'est pas nécessaire, pour cela, qu'ils se découvrent à nous, il n’est pas nécessaire que notre conscience les saisisse et se rende compte de la bouche d’où sont tombées ces
paroles amies. L'oreille peut entendre une
harmonie dont les artistes se dissimulent
derrière un rideau ou dont les effluves viennent
adoucies et suaves à travers l’espace, il n’est
pas requis de voir les-lèvres pour percevoir les
paroles ; aveugles, tant que nous restons ici-
bas, nous recevons les enseignements d’en
haut, les conseils de nos morts, les suggestions de notre Ange, comme les appels de notre
Dieu, sans avoir conscience de la bouche aimée et aimante qui, du sein de l'éternité, fait vibrer notre âme. Les échos de l’au-delà comme les échos de la montagne ont leur mystère.
Ce mystère est encore augmenté par notre dissipation. Tout extérieurs, nous vivons surtout au dehors et du dehors ; nos sens, notre cœur, notre imagination, notre esprit sont absorbés par les créatures au milieu desquelles nous vivons. Les événements de la cité ou de la politique nous attirent; habitués à regarder
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autour de nous, nous perdons l’habitude et la facilité de voir en nous. La voix des hommes et la voix des choses corporelles emplissent notre oreille et nous n'entendons plus les voix intérieures, ni celle de la raison, ni celle des esprits amis, n: même celle de Dieu.
Recueillons-nous, rentrons en nous-mêmes, et nous serons plus facilement convaincus de la réalité des paroles de l’au-delà, et nous serons davantage pénétrés de leurs salutaires leçons. |