Tert., de Pœnit., n
AI Cor, ty 1141) 00
3. Bossuet entend par là les Anges, mais encore une fois, la même chose peu être dite de leurs frères, les élus.
« Si vous consultez votre sens, vous me répondrez peut-être aussitôt que ces esprits bienheureux ne doivent pas nous envier ce triste avantage. Mais eux qui jugent des choses par d'autres principes, eux qui savent qu'un ‘Dieu immuable est descendu du ciel en la terre et s’est revêtu d’une chair mortelle seulement pour pouvoir souffrir; ah !'ils connaissent par là le prix des souffrances ; et si la charité le pouvait permettre, ils verseraient en nous, avec jalousie, ces caractères sacrés qui nous rendent semblables à un Dieu souffrant. Et
voyez combien ils estiment l'honneur qu'il y a de porter la croix. Ils ne peuvent présenter à, Dieu leurs propres souffrances, ils empruntent les nôtres pour les lui offrir ; s'il ne leur est pas permis de RU 1ls exaltent du moins ceux qui souffrent.
Et Bossuet termine ces belles considérations par ces mots : « Je vous dis ces choses afin que vous appreniez à goûter les choses célestes.
Vous. croyez n'être associés qu'avec les.
hommes... Chrétiens, désabusez-vous : il y a un peuple invisible qui vous est uni par la charité. »
XI. — Oui, nous sommes unis à ce peuple invisible, nous sommes unis à ces esprits, à ces élus qui ne nous ont pas quittés entièrement. Ils ont porté au ciel avec eux, mais épurés par la sainteté, embrasés par l’amour, les soins qu'ils avaient sur la terre. Ils continuent à à nous envelopper de leur sollicitude : par la
puissance de contagion, par la puissance
de suggestion, par la puissance d'action ma-
térielle sur nous et de collaboration avec les Anges, par la puissance d’intercession auprès de Dieu, ils nous gardent. La mort, en nous enlevant nos parents ou nos amis ici-bas, multiplie nos protecteurs là-haut; un frère perdu sur terre est un Ange gardien gagné au ciel.
Cette pensée doit nous faire aimer davantage le ciel à chaque trépas, puisqu'elle nous le montre plus riche en défenseurs et en amis.