‹ La psychologie des idées-forcesChapitre 36 sur 74 · FORCE D* ASSOCIATION DES IDÉES · texte numérisé non relu

FORCE D* ASSOCIATION DES IDÉES

clusion mutuelle ou d'affinité mutuelle soit entre les « états vifs de conscience », simultanés ou successifs, soit entre les états faibles (souvenirs, conceptions, etc.). De même, une force d'afBnité ou d'exclusion mutuelle peut exister entre les états vifs et les états faibles. On peut admettre avec Spencer que les états vifs de conscience (comme les sensations), résistent plus aux souvenirs et idées du même ordre qu'à ceux d'un ordre différent. Il m'est plus facile de me rappeler un paysage en écoutant un air de musique que de me rappeler un autre air de musique, surtout si les sons de l'orchestre ont de la force. C'est que la région cérébrale occupée à produire la conscience des sons actuels n'est plus entièrement disponible pour la représentation des sons autrefois entendus. Au contraire, une partie du cerveau peut très bien être occupée d'une manière tandis que l'autre est occupée d'une autre manière. De là cette loi : Les sensations actuelles sont d'autant moins exclusives des idées ou souvenirs, comme aussi des autres sensations , qu'elles sont plus riches en relations : ainsi les sensations visuelles , les plus riches de toutes , les plus complexes et les plus intellectuelles, sont aussi celles qui excluent le moins les autres représentations simultanées, parce que leur complexité même leur permet de rester en relation avec d'autres représentations produites par d'autres régions cérébrales. La division du travail et la coopération n'est possible que là où il y a une structure compliquée.

Une conséquence de cette loi, que Spencer n'a pas tirée, c'est que, si le mouvement de l'esprit vers des idées analogues est facile, le mouvement vers des idées différentes demeure cependant toujours possible, surtout dans les états riches en relations, parce que des parties très diverses du cerveau peuvent vibrer à la fois et sympathiquement sous une excitation , si bien que , la première partie ayant usé sa force, la seconde, déjà éveillée, est toute prête et toute fraîche pour recevoir le mouvement à son tour. Nous allons ainsi du même à Vautre^ comme dirait Platon, et non pas seulement du même au même. La fécondité de l'esprit vient de ce pouvoir, qui tient à la complexité des relations entre les cellules cérébrales.

FORGE D^ASSOCIATION DES SENTIMENTS g2l

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