‹ La psychologie des idées-forcesChapitre 63 sur 74 · FORCE DE L'APPÉTITION DANS LE RAISONNEMENT · texte numérisé non relu

FORCE DE L'APPÉTITION DANS LE RAISONNEMENT

les limites d'un seul et même genre. En d'autres termes, l'analogie consiste à conclure de ressemblances nombreuses ou importantes entre deux objets de genre différent d'autres ressemblances liées aux premières. L'analogie n'a que le caractère d'une hypothèse plus ou moins vraisemblable ; elle est plus incertaine et plus conditionnelle que l'induction exacte. Comme tout autre raisonnement, elle peut prendre la forme d'une proportion; l'étincelle électrique et ses propriétés sont à l'électricité artificielle ce que la foudre et ses propriétés sont à x (l'électricité naturelle). Le principe de l'analogie se ramène à ceux de la raison suffisante et de l'identité, ou du déterminisme universel. En eflfet, il consiste en ce que les choses analogues ont des raisons analogues, ce qui revient à dire que les choses identiques seulement par quelques rapports ont des raisons identiques seulement par quelques rapports* Deux objets étant donnés, si nous reconnaissons entre eux une certaine ressemblance, nous sommes autorisés à conclure qu'ils sont en partie déterminés par des raisons semblables. De même, si nous reconnaissons dans ces objets des différences, nous sommes aussi autorisés à conclure qu'ils sont produits en partie par des raisons différentes* D'où il suit que si, dans un objet, les ressemblances prédominent, c'est que les raisons des ressemblances l'emportent sur les raisons des différences. Tels sont les principes à l'aide desquels on justifie l'analogie.

III . — La déduction peut, elle aussi, prendre la forme d'une proportion : les attributs de l'homme sont à l'attribut de mortalité ce que les attributs de Pierre sont à la mort de Pierre. — Ce qui revient à dire qu'il y a identité partielle entre les deux propositions : tous les hommes sont mortels ^t Pierre est mortel. Pour montrer cette identité, on intercale la proposition intermédiaire : Pierre est homme. La déduction opère a priori^ antérieurement à l'expérience, une fois qu'elle est en possession de son principe, lequel d'ailleurs est dérivé de l'expérience* Sa vertu réside dans sa /brm^, qui est absolument néce^^aîVe, étant réductible à la formule suprême de la nécessité ; ce qui est est.

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Les sciences inducUves tendent à se convertir en sciences déductives. Ce que cherche la science, en efiTcl, c'est la causalité, mais la causalité est un enchaînement nécessaire des phénomènes, et poor que cet enchaînement soit nécessaire, il faut qu'il se ramène à une série de prémisses et de conséquences, à une série de déductions.

Nous n'avons actuellement dans la science que des nécessités provisoires et empiriques, non absolues et logiques, mais nous réduisons peu à peu les premières aux secondes. Par exemple, comme le remarquent Stuart Mill et Wundt, entre les variations de la longueur du fil d\Hi pendule et la durée de Toscillation, il n'était pas possible d'établir une liaison absolument nécessaire tant qu'on ne connaissait cette liaison que par induction, sans pouvoir la déduire d'autre lois physiques plus générales. On savait que ces deux phénomènes s'accompagnent toujours dans l'expérience, et que les variations du premier sont concomitantes avec les variations du second. On avait donc une loi, on avait même une loi nécessaire au sens empirique du mot; mais on n'avait pas une loi logiquement nécessaire et on ne connaissait pas la vraie raison logique du phénomène. Mais la physique moderne a déduit les lois du pendule des lois de la chute des corps. Si les lois de la chute des corps sont vraies, il devient logiquement nécessaire, en vertu du principe de contradiction, que les phénomènes du pendule se produisent. Les variations correspondantes de la longueur du fil et de la durée de l'oscillation deviennent une conclusion dont la nécessité, par rapport à ses prémisses (lois de la chute des corps), est tout aussi absolue que celle de la conclusion A = C, étant données les deux prémisses A = B et B = C Les lois de la chute des corps une fois admises, il suflBt de suspendre un corps pesant à un fil de longueur donnée, pour déterminer avant toute expérience, avec une certi* tude logique, la durée de l'oscillation. Les lois de la chute des corps, à leur tour, se déduisent de la gravitatioa universelle, et celle-ci se rattache probablement aux lois mécaniques du choc. Nous faisons ainsi toujours dériver nos nécessités d'une source plus haute, mais sans pouvoir atteindre les principes absolument premiers des choses.

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