‹ La psychologie des sentiments [electronic resource]Chapitre 25 sur 113 · P. no et siiiv · texte numérisé non relu

P. no et siiiv

énorme, qui marche à grands pas, sans se traduire dans la conscience; d'autre part, une excitation superficielle, momentanée et consciente. L'anomalie est dans cette disproportion psychique ou plutôt dans la myopie de la conscience qui ne peut dépasser ses étroites limites et pénétrer dans le domaine de l'inconscient.

3° Les plaisirs destructeurs à caractère social : ils sont liés non au mal de l'individu, mais à celui des autres. Tel est le plaisir que l'on éprouve à tuer, à voir tuer, aux spectacles sanglants, aux courses de taureaux, aux combats d'animaux et, à un degré beaucoup plus faible, au récit ou à la lecture d'événements sanguinaires. Ces plaisirs s'expliquent; ils dénotent la satisfaction de tendances violentes, destructives qui, faibles ou fortes, inconscientes ou conscientes, existent chez tous les hommes. Leur étude rentre dans la pathologie des tendances qui sera traitée plus tard; remarquons seulement en passant que ces tendances enveloppent un certain déploiement d'énergie, ce qui est Tune des conditions du plaisir actif.

Une dernière question : Le plaisir, en particulier la joie, peut-il être la cause d'une catastrophe grave, comme la folie et la mort?

Quelques aliénistes, Bucknill, ïuke, Guislain, etc., citent des cas de folie qu'ils attribuent à une joie brusque : un héritage imprévu, une place convoitée. Griesinger soutient « qu'il est extrêmement rare qu'une joie immodérée détermine à elle seule la folie, si même cela arrive jamais ». D'autres nient le fait absolument'. Il est certain que dans l'énumération des causes de folie, on ne voit guère figurer la joie.

La même thèse a été soutenue pour la mort ' qui se produirait brusquement ou à la suite d'une syncope.

C'est prendre la question sous une forme trop simple. D'abord, la joie, à titre d'état de conscience, ne saurait avoir cette efficacité. La catastrophe ne peut s'expliquer que par des troubles organiques soudains et violents, qui ne peuvent agir ainsi que sur des prédisposés. Ce n'est pas la joie qui affole ou qui tue; mais le choc qui est reçu par un être dont l'état est anormal. Il serait plus juste de dire qu'un événement qui, chez le commun des hommes, devrait

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