‹ La psychologie des sentiments [electronic resource]Chapitre 4 sur 113 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

Ces deux thèses ont des variantes; je les néglige, n'écrivant pas leur histoire; mais tout rentre dans l'un ou l'autre de ces deux grands courants.

La théorie intellectualiste, qui est de vieille date, a trouvé sa plus complète expression dans Herbart et son école, pour qui tout état affectif n'existe que par le rapport réciproque des représentations; tout sentiment résulte de la coexistence dans l'esprit d'idées qui se conviennent ou se combattent; il est la conscience immédiate de l'élévation ou de la dépression momentanée de l'activité psychique, d'un état de tension libre ou entravée : mais il n'est pas par lui-même; il ressemble aux accords musicaux et dissonances qui diffèrent des sons élémentaires, quoiqu'ils n'existent que par eux. Supprimez tout état intellectuel, le sentiment s'évanouit ; il n'a qu'une vie d'emprunt, celle d'un parasite. L'influence de Herbart persiste encore en Allemagne où (sauf quelques exceptions comme Horwicz, Schneider, etc.) l'intellectualisme complet ou mitigé prédomine.

La thèse que j'ai appelée physiologique (Bain, Spencer, Maudsley, James, Lange, etc.) rattache tous les états affectifs à des conditions biologiques et les considère comme l'expression directe et immédiate de la vie végétative. C'est celle qui a été adoptée, sans restriction aucune, dans ce travail. Pour elle, les sentiments ne sont plus une manifestation superficielle, une simple efflorescence ; ils plongent au plus profond de l'individu; ils ont leurs racines dans les besoins et les instincts, c'est-à-dire dans des mouvements. La conscience ne livre qu'une partie de leurs secrets; elle ne peut jamais les révéler complètement;

Page 1