‹ La psychologie des sentiments [electronic resource]Chapitre 5 sur 113 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

il faut descendre au-dessous d'elle. Sans doute, il est fâcheux d'avoir à invoquer une activité inconsciente, à faire intervenir un facteur obscur, mal déterminé ; mais, vouloir réduire les états affectifs à des idées claires, nettes et s'imaginer que, par ce procédé, on peut les fixer, c'est eji méconnaître complètement la nature et se condamner par avance à échouer.

Au reste, ce n'est le lieu ni de critiquer la thèse intellectualiste, ni de justifier l'autre en courant : l'ouvrage tout entier y est consacré. Il comprendra deux parties.

La première étudiera les manifestations les plus générales : le plaisir et la douleur, marques propres de cette forme de la vie psychique, diffus partout et d'aspects multiples; puis la nature de l'émotion, état complexe qui, dans l'ordre affectif, correspond à la perception dans l'ordre de la connaissance,

La seconde traitera des émotions spéciales. Cette étude de détail est d'une grande importance pour des raisons qui seront exposées plus tard, avant tout pour ne pas rester dans les généralités : elle est un contrôle et une vérification. La nature de la vie affective ne peut être comprise que si on la suit dans ses transformations incessantes, c'est-à-dire dans son histoire. La séparer des institutions sociales, morales, religieuses, des changements esthétiques et intellectuels qui la traduisent et l'incarnent, c'est la réduire à une abstraction vide et morte. Aussi, on s'est attaché à suivre toutes les émotions l'une après l'autre dans la marche de leur développement, à noter les moments successifs de leur évolution ou de leur régression.

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