W. James, l'sycitologij, H. p. iny-i
cence ne choquent pas ses semblables. [Selon nous, cet état psychologique serait à rapprocher du dégoût, dont nous avons vu précédemment les causes et la signification.] Le second moment consiste en un jugement que nous portons sur nous-méme, par un choc en retour. Ce qui nous répugne chez les autres doit être répugnant pour eux par rapport à nous : de là l'habitude de couvrir certaines parties, de cacher certaines fonctions corporelles. « La pudeur ne peut être considérée comme un instinct au sens rigoureux du mot, c'est-à-dire comme un phénomène excito-moteur. » Sous l'influence de la coutume, de l'opinion publique, de laciviUsation, elle subit une évolution qui conduit aux excès de purisme de l'Angleterre actuelle : i dire estomac pour ventre, membre pour jambe, se retirer pour aller au lit et ne pas devoir nommer une chienne par son nom » .
Prise dans son ensemble, cette émotion se rapproche surtout de la peur, par ses symptômes extérieurs. Elle contient aussi des éléments dérivés de l'amour-propre [self-feeling). Faut-il y ajouter d'autres éléments dérivés de l'instinct sexuel? Gela n'est admissible que pour certains cas. En somme, elle varie dans sa composition. Nous ne pouvons la considérer comme instinctive, primitive, innée ; d'un autre côté, l'analyse ne réussissant pas à la résoudre clairement en ses constituants, nous inclinons à y voir un cas particulier de synthèse mentale, une combinaison.
Pour conclure sur les émotions formées par combinaison :
Elles ont pour base une association d'états intellectuels qui est, le plus souvent, par contraste;
Elles supposent une fusion, en proportions variables, d'états agréables et désagréables, ce qui les a fait appeler à juste titre émotions mixtes.
Le tout diffère de la somme de ses éléments constituants.
L'analyse trouve et isole ces éléments, mais sans pouvoir se vanter de les avoir découverts tous.