CHAPITRE XIII
Dans les ouvrages précités (Ferez, 189â ; Paulhaii, 1894 ; Fouillée, 1 895) et dans le précédent chapitre, les diverses formes de caractère ont été classées, décrites, ramenées à des principes explicatifs. Malgré des divergences d'interprétation et des différences de nomenclature, il y a des types acceptés par tous; ainsi les actifs, les sensitifs, les apathiques. Mais sont-ils équivalents? Telle est la question qui se pose d'abord comme transition des caractères normaux aux caractères morbides. On semble admettre implicitement que, chaque type ayant ses qualités et ses défauts, ses avantages et ses inconvénients, on doit les mettre sur la même ligne. Celui qui se borne à classer et à décrire peut s'en tenir là et ne pas affronter la difïiculté. Mais, dès qu'on entre sur le terrain des caractères franchement morbides, on est conduit à se demander préalablement si les caractères réputés normaux le sont tous au même degré, ou si quelques-uns, par leur nature même, ne sont pas plus près des formes pathologiques, plus aptes à subir une mélamorpliose régressive : en d'autres termes, il s'agit d'établir non plus une classification, mais une hiérarchie, une appréciation de valeur souvent contestable et difficile à fixer.
Un antliropologiste russe, N. Seeland, est le seul, à ma connaissance, qui ait pris la question par ce biais. A la vérité, les anciens auteurs, classant les tempéraments et par contre-coup les caractères, les divisaient en forts (colériiiue, mélancolique) et faibles (sanguin, flegmatique). Cette division (acceptée récemment par Wundt) n'est pas au fond très claire, donnerait lieu à beaucoup d'objections.
Seeland, rompant avec la tradition, abandonne résolument la division quadripartite; il ne considère pas « tous les tempéraments comme ayant la même valeur; les uns s'approchent plus de Tidée de perfection, les autres moins * ». Sa classification est donc en fait une hiérarchie et voici, en résumé, celle qu'il propose - en commençant par les formes les plus parfaites du caractère :