‹ La psychologie du beau et de lártChapitre 15 sur 65 · LE BEAL' INTELLECTUEL SUGGESTIF · texte numérisé non relu

LE BEAL' INTELLECTUEL SUGGESTIF

vent des vêrilÉs agréables et ingénieuses. Grandioses, les larges théories qui embrassent de 1res nombreux faits el les expliquent, les découvertes et invenllons décisives I qui ouvrent de nouveaux horizons au savoir et imprimealj de nouvelles directions aux mœurs : telles la théorie» darwinienne, la découverte de la vapeur, l'irivenlion del l'imprimerie. Sublimes, cufm, les synthèses audacieuses-fl et puissantes, les divinations du génie, les vérités su-^ prémes qui nous comblent de stupeur et d'admiration :l le calcul intégra], ta géométrie transcendante, l'unité et-l l'étcrnilé de la matière et de la force, la gravilalioU'B universelle, la cosmogonie de Kant el de Laplace,j l'évolution des organismes et des sociétés, la loi di^ progrès, la théorie de la connaissance.

Une chaîne de beaux raisonnements clairs el exacts constitue, comme dans le système périodique de M'endelejeffen chimie, comme dans le développement d'une J théorie mathématique, une véritable mélodie inlellec-9 luelle, avec sa série croissante do théorèmes, de corol- j laites, d'applications, rigoureusement el graduellement I coordonnés. Dans ta Divine Comédie, vous trouvez un I système étonnant de sj-mélries trilatérales dans tel nombre des cantiques, des girons, des cercles, des-fl vers formant la strophe, des peines et des récompenses, M des concepts et des idées qui reviennent el se rappellent ■ è termes lixes; ce sont des harmonies intellectuelles, B toutes les analogies et les homologies qui apparaissent, I «n biologie comparée, par exemple, dans les organes et I les fondions des animaux et des plantes issus d'un& ■ ^Oiéaie souche el façonnés, en conséquence, sur un ■

même plan de structure; et ce sont des contrastes intellectuellement très beaux,. ceux que constituent dans notre penser les théories opposées : le dualisme et le monisme, l'idéalisme et le matérialisme, le libre arbitre et la nécessité, Torthodoxie et la critique.

Et plus beau encore est le travail de la critique élevée et sereine qui sait tirer, de ces antithèses et de ces concordances, Tévidence nue et franche. Les données superflues et inutiles écartées, elle aime à se réduire à un petit nombre de faits éloquents, de caractéristiques exemplaires, de types simples et communs, d'autres types oscillant en deçà et au delà, afin que le vrai, épuré, passé au crible, taillé à facettes comme un diamant par la main du joaillier, brille et resplendisse d'eux dans tout son noble éclat.

16. — Donnez-moi un pur vrai qui se désemprisonne d'une expression un peu dure, d'un fait un peu choquant; donnez-moi un vrai évident exhumé d'un amas de scories vaporeuses et incohérentes ; donnez-moi un vrai qui conquière brutalement sa place dans l'intelligence, en en chassant ou en menaçant d'en chasser d'autres vrais supposés ou réels, ou en les comprimant dans un petit espace pour dominer souverainement lui seul, et vous aurez sous les yeux autant de combinaisons du beau avec le laid intellectuel, mais toujours avec prépondérance du premier. Tels la cruelle beauté du réveil final d'une grave erreur dans laquelle nous avons persisté pendant des années; le beau caché qui finit par jaillir, lumineux et concis après une longue méditation, d'un problème obscur et embarrassé; le

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