‹ La psychologie du beau et de lártChapitre 17 sur 65 · LE BEAU IDEAL · texte numérisé non relu

LE BEAU IDEAL

la place moindre est occupée par celte vision

îfclc, comme par un signe lointain, par une aspiration

lélerminée, par une vague lueur qui émane, sera-

B>le à une auréole, du beau, du bien, du vrai, alors,

lors seulement, nous avons à proprement dire

pbeau idéal. Celui-ci est donc une combinaison, un

ïsé de tous ces quatre éléments, et dans ces

i proportions déterminées; autrement, cela peut

i' idéal, sacré, saint, divin, mais certainement pas

ni, au moins dans le sens propre et esthétique de

mot.

tompare2 la religion païenne des Grecs et des

la religion catholique des Italiens de la

Ukissance et celte aussi de nos populations méridio-

B d'aujourd'hui, à la religion chréltenne des ascètes

ft premiers siècles, à la religion réformée des proles-

s allemands et anglais, à celle, sublimée, de l'incon-

issablc, de l'absolu, de l'inlini, dans laquelle seréfu-

^t actuellement les esprits les plus hauts et les plus

^rés parmi ceux qui ne sont décisivement ni aguos-

i ni athées : vous trouverez le plus spleudide et

jilus clair exemple de beau idéal dans les pre-

;s, qui ne sont rien que lumière, pompe, fête, sens,

liment et passions humaines, positivisme anlhropo-

■phe et utilitaire, peur de douleurs corporelles et

^r de joies sensuelles, logique mutualiste de sacri-

8 etde compensations entre les mortels et les immor-

, entre les hommes et les dieus, traduction symbo-

et fantastique de vérités positives et réelles;

idis que vous aurez dans les autres l'idéal plus haut.

plus pur, plus grand, mais Tidéal seulement, l'idéal surhumain et intangible, au delà et au-dessus du monde réel, qui n'est plus ni beau ni laid parce qu'il n'est plus sensible et échappe par là complètement à Testhélique. La beauté prodigieuse de l'enfer, du purgatoire et du paradis de Dante n'aurait pas été possible à un poète plus oublieux des misères et des joies terrestres, plus libre et plus affranchi de tout souvenir et de toute influence païenne, de toute pensée des lieux et des temps dans lesquels il vivait : et cela est si vrai, que le « Paradis », le plus métaphysiquement idéal des trois cantiques, est aussi le moins beau.

18. — Les hiérarchies du beau idéal qui, il n'est pas besoin de le dire, est le beau suprême, se fondent, outre sur les raisons sensorielles, sentimentales et intellectuelles préordonnées, sur la raison, que nous avons déjà vue appliquée dans les degrés précédents, du caractère plus ou moins synthétique et compréhensif dont est revêtue par rapport aux autres chacune des visions qui lui appartiennent. Au rang le plus bas je mettrais en conséquence les choses et les faits isolés qui engendrèrent les premières religions idolâtres et fétichistes : le souffle, l'ombre, les reflets, la matière à l'état de fumée, de vapeur, de gaz, qui parurent aux peuples primitifs des choses immatérielles, incorporelles, surorganiques, et leur donnèrent l'idée, encore brille et massive, de l'âme; puis ces phénomènes humains qui firent concevoir le monde d'au delà, le monde des purs esprits, l'Elysée et l'Érèbe, l'Olympe et l'Averne, les anges et les démons, les saints et les

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