‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 103 sur 115 · S PI-VISIP. DR VIATIQUE · texte numérisé non relu

S PI-VISIP. DR VIATIQUE

» elle spiritualise la partie la plus grossière de l'homme. . . )) elle jette un voile mystérieux sur les desseins les plus » impérieux, de la nature , de peur que la connaissance )) trop directe et trop malérieîîe de ces derniers n'engen- )) dre le dégoût , ou au moins lindiiTérence. C'est un » supplément indispensable aux principes moraux (1). » Le docteur Gai! n"a pas aperçu linstinct inné de la pudeur. Lorsque, dans mes entretiens avec Spurzheim, je. lui ai demandé compte de ce principe de la nature humaine, je lai trouvé, comme nous le sommes tous, les yeux et les oreilles fermés par l'esprit de système, k A oilà » un sentiment qui n'est pas sur ma liste , donc il n'existe )) pas. )) Et il m'a renvoyé à l'instinct de secrétwiiè , à cet instinct qui fait qu'un chien cache un os dans la terre pour s'en assurer la possession (2). Mais il oubliait que ce chien n'étendait le mystère que sur l'espoir futur de son repas , et que pour tout le reste il était de ceux qui ont donné leur nom au cynisme. Il y aurait donc ici encore une lacune dans la phrénoiogie. Si le sentiment de pudeur peut s'attacher à un organe , il faudrait le chercher peut-être dans la partie antérieure du front, près des facultés qui jouissent de la beauté physique, et qui souHront de la laideur matérielle.

§ li. Plaisir dramaticiuP, ou plaisir du spectacle des actes humains.

Ce n'est pas seulement la vue des choses extérieures qui nous charme ; nous nous plaisons encore au spec-

(1) J-.ssai sur le sentiment dit beau et du sublime, trad. frarir. deWejland. (•2) Obs.^ p. 182 :î.

OD ['l,\ISIR DD .SI'K('T\r.l,K, ETC. 889

tacle des actes internes. Si c'est une jouissance pour nous d interpréter l'intelligence et !e sentiment qui se cachent sous les voiles de la nature inanimée, corament n'ainierious-nous pas à contempler le déploiement de la pensée et de la passion dans l'être qui sent et qui pense. De là celte curiosité que nous éprouvons pour les drames réels ou tictifs, pour l'histoire publique ou privée, pour les événements les plus anciens et les plus éloignés comme pour les plus proches et les plus modernes , pour les annales dun grand peuple et la chronique de la ville , pour un fragment de mémoire , une lettre familière , comme pour une scène de drame ou un roman de mœurs. Un assaisonnement des plaisirs de Tesprit comme de ceux du corps, c'est le changement ou la nouveauté. Nous avons besoin de voir de nouvelles formes , de nouvelles couleurs, de nouveaux sites. Des mélodies qui nous plaisent nous préférons la plus nouvelle; nous disons comme Lafontaine :

11 non* faut du nouveau, n'en fut-il plus au monde.

<( Un auteiir qui a déjà fatigué le public de ses œuvres )) produit-il un nouvel ouvrage, nous avons droit de )) compter sur des choses nouvelles, s'il ne dit rien qu'il » n'ait déjà dit d'une manière aussi agréable, nouséprou- )) vons du dégoût. Un objet qui n'est ni beau ni utile, et » dont la nouveauté est le seul mérite , ne produit qu'une

» impression éphémère sur un goût délicat On peut

)) comparer la nouveauté à ce chiCTre de l'arithmétique , )> qui augmente considérablement la valeur de ceux à la

:HjO TPOISU-WK CRITIQUE DE lA IKCvLIÈ. D'F.VENTCALlTii , ETC.

)- suile desquels on !e place? , mais qui , tout seul , ne iï- » gnide rien du tout (1). »

Cette tendance de la nature humaine est un des ressorts de notre perfectionnement. Le déplaisir de la continuation a été noté dans toutes les langues sous le nom d'ennui.

Ct t.ï. Troisième critique de !a faeuUé d'iWniualitr on du sens des choses.

Gall et Spurzheim ont essayé d'établir, l'un sous le nom de seris des choses, l'autre sous le titre iVéi^'eniua- /iu-, une faculté qui prend plaisir à connalfre tout ce qui se passe au dedans et au dehors de nous (2). Ils a(lri3)uent donc à cette faculté le désir de connaître les faits matériels aussi bien que les faits psychologiques. JNous avons déjà remarqué qu'elle était trop compliquée , comme faculté de connaissance , et qu'elle faisait dou])le emploi avec les perceptions de la forme, du mouvement , du coloris , etc. Eile mérite le même reproche, comme faculté aiTective : le plaisir de contempler les faits matériels ne va pas toujours de compagnie avec celui de connaître les faits internes . le naturaliste et le psychologisle ont des aptitudes intellectuelles et aîTectives souvent fort opposées. Il n'y a donc pas un désir de savoir applicable à tous les objets ; des alîections spéciales sont attachées à l'exercice de chaque faculté intellectuelle : nous avons mentionné les plaisirs qui se

CD.Reid, t. 5, p. 2Gi

Cn.Keid, t. 5, p. 2Gi.

(2) Gall, .4naf., t. 4, p. 17. Spurzheim, Obs., p. 295.

PLM.siK Di: f;lM^'.l.^\Il(>^ et di. l'imitation voLoMMut. ;i3I lient à l'exercice âas sens et de la faculté interprétative, et à la connaissance de nous-mêmes. Il nous reste à passer en revue cenji qui accompagnent le développement de l'imagination , de 1 induction , de la faculté morale et de la conception de l'infini.

S 10. Plaisirs de rimaginallon.

L'homme n'est pas doué seulement d'un pouvoir de perception , mais encore d'une faculté d'imagination à légard des formes , des couleurs et des sons. L'imagination linéaire , coloriste et musicale est accompagnée d'un vif plaisir, qui , dans l'artiste , s'éièvc jusqu'à l'enthousiasme. Cette imagination et la jouissance qui l'accompagne agissent aussi sur la force motrice. Celui qui in- ^ente des figures , des couleurs et des mélodies éprouve le besoin de les traduire au dehors. La force ikiotrice, agissant sous l'influence de la perception et de l'imagination , explique sulfisammeut l'instinct du dessin , de larchitecture , de la statuaire , de la peinture , du chaut et de la danse.

Page 1