DE LA MÉMOIRE
t-on à V nffectioTmimê rattachement du général pour l'épée qu'il portait un jour de bataille? ce quil aime en elle , c'est le souvenir de sa gloire.
D'un autre côté , raffection par association n'est pas un acte même de chaque penchant primitif. Le gourmand , par exemple , n'aime point les instruments de son repas de la même manière que le repas lui-même , il n'a pas faim des premiers comme du second. 11 s'agit donc ici d'une affection excitée par le souvenir des affections primitives. Les phrénologistes ont à examiner si cette afTection du souvenir réside dans un organe spécial , dans celui qu'ils attribueraient à la mémoire des faits psychologiques ou dans une partie de chaque organe affectif (1).
Il ne nous reste plus, pour terminer cette quatrième partie , qu'à récapituler nos critiques sur la théorie phrénologique des facultés affectives. Nous nous sommes plaints d'abord de la division peu distincte de ces facultés en penchants et sentiments. Le plaisir et la peine étant les deux modes de toute affection , une susceptibilité plus grande pour l'une ou pour l'autre réagit sur linductiou et produit la disposition à la bonne humeur et à l'espérance , ou à la tristesse et au découragement. Cette disposition nous paraît donc le résultat d'un mode général de toute l'affectivité , et non l'effet d'une affection spéciale. La faculté motrice qui est lune des principales manifestations du moi , la servante assidue de l affectivité et de l'intelligence , et dont le déploiement est luimême une source de plaisir , n'a été considérée par, les
Vpye?. le présent ouvrage, p. 195) à la fin.
/,1S Airi.OTIOMS DE H MÉMOIRE.
plirénologisles que comme une faculté de perception pour le poids et la résistance , et ils en ont placé le siège parmi les prétendues facultés de perception , c'est-à-dire parmi les diverses mémoires. Sils l'avaient envisagée comme manifestation particulière du moi, comme source de plaisir , et principe d'activité physique ; s'ils en avaient remarqué la liaison particulière avec linstinct d'alimentation et les affections animales , ils n'auraient pas cherché ailleurs que dans ces principes , soit réunis, soit séparés, le courage physique , constant ou momentané, les velléités, soit hahituelles, soit passagères , de combat et de destruction , et ils auraient consacré les organes de la combatiuilé , et de la desLructwité à la faculté motrice et au plaisir qui résulte de son développement. Ils n'ont pas mentionné le plaisir général de la santé , et les plaisirs spéciaux de l'odorat et du goût, en ce qui ne touche pas à l'alimentation. Ils n'ont pas fait remarquer les mouvements appropriés à la satisfaction de l'appétit. Ils n'ont pas donné l'analyse de nos diverses appréhensions naturelles qu'ils paraissent n'avoir pas trèsbien distinguées de la circonspection réfléchie. Ils ont confondu l'émulation et le désir du pouvoir avec l'estime de soi. Ils ont tracé un portrait inexact de la fermeté. Ils ont défendu l'instinct de propriété par des exemples nuisibles à la démonstration , et ils n'ont pas établi une démarcation très-nette entre ce qu'ils appellent la circonspection et la ruse. Dans les alTections pour les êtres animés, ils n'ont pas convenablement séparé l'amour de la société , l'attachement individuel et l'amour électif. Ils ont réduit les alTections de famille à l'amour des enfants, et ont négligé l'amour filial et fraternel; ils ont constitué à part la bienveillance à laquelle ils ont donné,
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parmi les orp;aiies intellectuels, un siège qui coiiviendrait mieux à la faculté morale. Ils n'ont pas fait une énulïiêration complète des plaisirs et des répugnances de l'esprit : parmi les derniers , ils ont omis notamment l'instinct de pudeur; ils ont mêlé plusieurs affections diverses dans lamour de l'ordre , cpiils rangent à tort ]nirmi les fiicultés perceptives. La.[acu\iècré^'eiitualitc qui contient déjà des perceptions et des mémoires très-diverses , renferme encore diverses espèces d'affections. Dans 1 instinct de construction , ils n'ont pas fait la part de la faculté motrice et celle de l'imagination linéaire. Ils ont passé sous silence le goût de la généralisation et de l'hypothèse , et l'extase dans laquelle nous jette la conception de l'infini. Leur analyse de la vénération n'en présente , ni toutes les applications , ni le caractère instinctif. Ils n'ont pas sufTisamment séparé la partie intellectuelle et la partie affective de la faculté morale. Le sentiment du ridicule ne se présente pas avec un caractère assez net dans l'exposition qu'ils ont faite de l'esprit caustique ou du sentiment de la gaieté, et enfin ils ont rapporté à un principe insuffisant cette mémoire de la sensibilité qui nous fait éprouver une affection actuelle dans le souvenir de nos affections passées.
5 20. Conclusion.
Pour résumer les réformes qui résulteraient de l'ensemble de nos critiques sur toute la i)hrénologie, nous suivrons la classification et la terminologie deSpurzheim comme les plus généralement adoptées des phrônologistes.