ORDRE I. FACULTES AFFECTIVES
(( ORDRE n, FACULTÉS INTELLECTUELLES. ))
Les facultés affectives ne pouvant agir qu'après que leur objet leur a été montré par les facultés intellectuelles, il y a lieu de traiter d'abord des facultés intellectuelles et de les faire passer dans l'ordre F'.
La faculté motrice et la faculté de vouloir ne pouvant rentrer dans aucun des deux ordres précédents , doivent constituer un troisième et un quatrième ordre.
« SOUS-DI VISION DES FACULTÉS AFFECTIVES. )) « GENRE I. Penchants. »
« GENRE IL Sentiments . »
Spurzheim n'est pas parvenu à faire comprendre la différence qu'il établit entre ces deux genres. .
« SOUS-DIVISION DES PENCHANTS. )) « yilinientiuité. »
L'auteur n'a pas décrit les mouvements de cet instinct, qui revendique une partie des actes attribués à une faculté spéciale de destructwité.
(( Amativité. »
Ce terme ne peut convenir à l'appétit du sexe, plaisir corporel, distinct de l'amour de cœur.
« Philogéniture . »
Cette affection n'est pas l'amour des enfants en général, niiUs l'umouv de nos enfants.
Les pbrénologistes n'ont pas mentionné Tamour filial et fraternel excité par une idée du même genre que celle qui suscite l'amour paternel et maternel.
'.<. Ifabitatwité. ))
Les phénomènes attribués à celte prétendue faculté rentrent pour une partie dans la classe des faits que la phrénologie rapporte à là faculté de localité , et pour l'autre dans ïacquiswité.
(c yéffectionniuité. «
L'instinct de société, rattachement individuel et l'amour électif sont trois principes différents , qui ne peuvent être confondus en une seule et même faculté. Spurzheim attribue de plus à l'affectionnivité l'amour pour les objets inanimés , pour le pays natal, pour les habitudes. Ces attributions sont trop diverses pour appartenir à un même principe.
« Combativité. »
« Destructivité. »
Les faits attribués à ces prétendues facultés rentrent, partie dans l'alimentivité, partie dans le ressentiment instinctif, qui est un mode de toutes les affections , partie enfin dans l'amour de l'activité ou du pouvoir physique , que l'auteur n'a pas mentionné. Une moitié de l'organe de la destructivité appartiendrait donc à Talimentivité, et l'autre moitié, jointe à l'organe de la combativité , serait l'organe de l'activité physique ou de la faculté motrice et du plaisir qui s'attache au déploiement de cette faculté i
« Secréthnlé. »
La ruse est double , négative et active ; elle comprend la dissimulation et la simulation. Le terme de secrétivité ne peut lui convenir. De plus , les faits rapportés par Spurzheim à la secrétivité sont du même genre que ceux qu'il attribue à la circonspection.
« ^cquisiuité. »
Les phrénologistes appuient la démonstration de celte faculté sur des faits dont les uns lui appartiennent et dont les autres dépendent de principes différents.
« Constructii'ité. »
Cette faculté, réduite parles phrénologistes à l'adresse manuelle, fait double emploi avec la bonne direction de la faculté motrice, à laquelle Spurzheim rapporte déjà la juste appréciation delà pesanteur et de la résistance.
La conception du plan sur lequel travaille l'animal ou lliomme constructeur est renvoyée par la phrénologie à la faculté de configuration. Que reste-t-il donc pour la constructivité ?
« SOUS-DIVISION DES SF.XTIAIENTS. )) « Estime de soi. »
« yi pprobati^ité . »
Les phrénologistes rapportent à l'estime de soi l'amour de fégalité et de la supériorité , ainsi que l'amour de l'indépendance et du pouvoir. Pourquoi n'y rapportent-
COÎNIXUSION. ■i23
ils pas aussi l'amour des louanges? ^ous leur accordons que le désir de l'approbation se distingue de la bonne opinion que cliacun a de soi-même ; mais il n'est pas plus difficile d'en distinguer l'émulation et l'ambition. L'orgueil n'engendre pas toujours l'une et l'autre, et il les exclut même quelquefois.
(c Circonspectioji. m
Sous ce titre, les phrénologistes ont confondu des appréhensions vraiment instinctives et des appréhensions réfléchies, engendrées par Tinduction, c'est-à-dire par ce qu'ils appellent la comparaison et la causalité.
« Bienveillance . »
Cette disposition est un mode de toutes les affections du cœur, et non une faculté spéciale. L'organe que les phrénologistes lui attribuent est placé au-dessus des organes des facultés intellectuelles, et convient mieux à la faculté morale ou régulatrice, si une pareille faculté peut avoir un organe.
« ]^énération. »
Les phrénologistes n'ont pas convenablement distingué la vénération instinctive ou à priori, qui suppose le mérite quelquefois là où il n'est pas , d'avec le respect pour la vertu et le génie, qui est à posteriori^ et qui dépend d'autres principes.
« Fermeté. »
Les phrénologistes n'entendent par ce mot ni la faculté de vouloir, ni 1 amour du commaudemenl, mais
iU CONCLUSION.
l'opiniâtreté dans la poursuite des fins de telle ou telle faculté. Un haut degré d'énergie dans cette dernière suffit pour expliquer son obstination et sa persévérance.
« Conscieîiciosité. »
Le jugement moral dans la description que les phrénologistes en ont faite n'est qu'une faculté inutile et illusoire. Le siège que Spurzheim assigne à la conscienciosité est égaré parmi les organes des facultés égoïstes , et serait mieux placé dans l'organe attribué à la prétendue faculté de bienveillance.
« Espérance. »
L'espérance est le résultat d'un certain mode de l'affectivité et non une faculté spéciale.
({ Meiveillosité. »
Il y a deux espèces de merveilleux : la phrénologie les a confondues en une seule. Elle a de plus mêlé l'amour du merveilleux et les hallucinations qui peuvent en résulter quelquefois, mais qui proviennent aussi d'autres principes.
« Idéalité. »
La phrénologie n'a pu faire comprendre ce qu'elle entend par ce terme ou d'autres analogues. Les organes qu'elle consacre à cette prétendue faculté appartiennent peut-être à l'imagination des sons, à celle des formes et à celle des couleurs, qui ne peuvent résider dans les
CONCLUSIOIV. 425
mêmes circonvolutions que les perceptions et les mémoires correspondantes.
« Qaietê. )j
S'il s'agit ici de la bonne humeur, cette disposition est, comme Tespérance, le résultat d'un mode de toute l'affectivité; s il s'agit d'une tendance au rire, Spurzheira n a pas indiqué le caractère du comique ou du ridicule.
« Imitation. ))
Les plirénologistes ont confondu l'imitation involontaire, qui est une réaction de la faculté motrice, sous l'influence de la perception et de la mémoire, avec le goût de l'imitation intentionnelle , qui seule est une faculté aflective.