FACULTÉS INTELLECTDELLES ET FACULTÉS AFFECTIVES
saisir en nous aucun fait intellectuel , fût-ce même un acte de pure imagination qui ne s'adresse à quelque objet distinct du moi, et qui , exprimé dans le langage, ne puisse recevoir un régime. Si Ion objecte que le moi peut se connaître lui-même , se souvenir de lui-même , croire à son existence à venir , nous ferons remarquer qu'il y a encore ici une sorte de dédoublement possible entre lacté de connaissance , de souvenir ou de croyance et Texistence actuelle , passée ou future du moi qui en est l'objet. C'est sans doute cette dualité de l'acte intellectuel qui a produit ces métaphores dont nous nous plai gnions tout à l'heure; elles expriment l'action d'un être sur un autre, comme : comprendre, saisir, pénétrer, percevoir, concevoir, etc. ; tandis que les mots jouir et souffrir , et les figures qui en dépendent , comme : émotion , affection , passion , présentent le sens qu'on appelle en grammaire '«r/i«ra/?5z>i/, et peignent pour ainsi dire une existence qui se renferme en elle-même.
(1) Obs.,^. 331-2-3. ytfn/iuW, p. 26.