‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 19 sur 115 · CHAPITRE IL De la ç'olonté · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL De la ç'olonté

S 1". Confusion phrénologique de la volonté avec certaines facultés intellectuelles.

Les faits intellectuels et les faits affectifs sont les seuls ordres que la plupart des phrénologistes admettent dans leur division générale. Mais ces faits renferment-ils tous les phénomènes du tiioî ? La division phrénologique , qui n est pas assez distincte, pourrait bien aussi n'être pas complète , et laisser échapper des faits constants en psychologie et reconnus par quelques aveux indirects des psychologistes eux-mêmes.

Indépendamment des actes intellectuels et des affections , la psychologie inscrit au nombre des faits du moi^ ce quelle appelle les volitions. Par exemple, l'acte par lequel nous passons de la vue au regard est une volition , et la volition dure tant que le regard persiste. La faculté à laquelle on rapporte les volitions , est appelée volonté. La volonté est la seule faculté où le moi prenne l'initiative. Dans l'acte intellectuel et dans l'affection , le >noi est sujet et non cause ; dans la volition , il est créateur , il accepte la responsabilité de la volition et du fait qu'elle a déterminé. Ainsi , un prédicateur célèbre , interrogé malignement sur la figure d'une dame de grande beauté qui avait été présente à l'un de ses sermons , répondit ;

58 CONIUSION DE lA VOI.O.NTK.

Je lai vue , mais je ne l'ai pas regardée. C'est à cause de linitiative, qui appartient à la volonté, que quelques philosophes lui ont donné le nom de liberté , ou de libre arbitre. La volonté , intervenant dans Texercice de la perception extérieure , s'appelle attention , dans Texercice de la mémoire et dans l'analyse des faits internes , réflexion ; dans la recherche des rapports , comparaison ; luttant contre les affections , elle se nomme modération et courage ; dirigeant les mouvements , elle constitue , lorsque ceux-ci lui sont dociles , l'énergie ou l'adresse.

Nous pouvons connaître , croire , aimer , haïr , et môme imprimer un mouvement à notre corps , sans l'avoir voulu. La volonté n'est donc ni Tintelligence , ni l'affectivité , ni la faculté motrice , dont nous parlerons tout à l'heure.

Les phréEologistes n'ont pas confondu la volonté avec l'affectivité et la force motrice; en voici des preuves nombreuses :

« C'est pour avoir confondu les désirs , les velléités , )) les penchants avec la véritable volonté, qu'on a cru » trouver des difficultés insolubles, relativement à la li- » berté morale. On avait raison de nier la liberté , rela- » tivemont à l'existence et au mouvement des désirs , » et par une fausse conséquence, on a cru que la volonté » et les actions manquaient également de liberté ; c'était » confondre deux choses extrêmement différentes [i). » « La volonté peut faire mouvoir les pieds et les mains ,

(1) GaUja» vol.,p. 101.

AVEC L'iNTELLlGt.NCÊ. 50

ïïiais elle ne réside pas dans ces instriîmen(s extérieurs (1). »

« Il faut distinguer la velléité ou le désir, d'avec la volonté. La volonté suppose l'assentiment de la réflexion (2). »

. Dans les passages suivants , l'auteur insiste sur la liberté.

« Les hommes agissent souvent en opposition avec leur caractère prédominant (3). »

« La doctrine des dispositions innées n'établit pas lir- » résistibilité des actions. Sans les muscles des jambes on )) ne pourrait pas mouvoir celles-ci ; mais les instruments » du mouvement n'entraînent pas la nécessité de mar- » cher. Car c'est la i^olonié qui préside à l'usage des ap- )) pareils musculaires. Il en est de même de toutes les ac- » lions de l'homme , quoique toutes ses inclinations soient )) involontaires. Ainsi tant qu'on est capable de connaître )) des motifs , et que Ton conserve l'influence de la vo- )) lonté sur les organes du mouvement , on est libre et » conséquemment responsable de ses actions... Chaque )) personne raisonnable se souvient d'avoir éprouvé des )) inclinations qu elle a combattues par différents motifs. » L'homme dans l'état de santé , est libre et responsable » de ses actions'^4). )>

« Les facultés qui engendrent les penchants et les sen- )) timents ne peuvent être mises en activité par un simple )) acte de la ^'o/o72^c ; par exemple, nous ne pouvons

(1) Spurzheim. Obs. sur laphrén., p. 23i.

(2) Ihid., p. 200.

(3) Ibid.,T^, 201.

(4) lbid.,\}, SÎ5-6.

GO CONIOSION Dli LA VOLONTÉ

» évoquer les émotions de la peur, de la compassion )) ou de la vénêralion , par la seule uolonté de les » éprouver ; ces facultés , cependant , peuvent entrer en » action par une excitation intérieure des organes, et » alors 5 Témotiou ou le désir dû à chacune de ces fa- » cultes est ressenti , soit que nous voulions ou que nous

» ne voulions pas l'éprouver En second lieu , ces fa-

» cultes peuvent devenir actives, indépendamment de la

» volonté, à la vue des objets extérieurs Dans tous

» les cas , le pouvoir d'agir ou de ne pas agir est complé- » tement dépendant de la volonté ; il n'en est pas ainsi du » pouvoir de sentir ou de ne pas sentir (1). »

« Les muscles sont soumis à l'influence de la vo- )» lonté (2). »

« A l'instant où une faculté cérébrale entre en action, » si la voJiHité ne vient en réprimer FeiTet , des signes » extérieurs l'accompagnent (3) »

Les phrénologistes ont donc très-bien distingué la volonté d'avec l'aflectivité et la faculté motrice , mais ils nç lont pas aussi bien séparée des facultés intellectuelles.

«Les facultés perceptives et réflectives, dit M. Combe , )) sont soumises à la volonté, ou plutôt la constituent > elles-mêmes (V). »

«La volonté, dit M. Vimont, est le résultat do la » réaction des facultés réflectives et des sentiments supé- » rieurs sur les facultés animales (5). »

CO Conibc. Noiw. Manuel, p. 225-8.

C2) Vimotil. ll« vol., p. 373.

(3) /d.,,lM-,

(i) A'ouc. Manuel, p. 2.30-1.

(h) Traité de Phrinot.^ 11« VOL. p. 65».

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