‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 27 sur 115 · DIFFÉRENCE DE NATURE · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCE DE NATURE

disait qu'un homme peut avoir reçu de la nature une mémoire très-nette et très-prompte des objets individuels, et moins de facilité, moins d'exactitude pour le souvenir des abstractions el des généralités (1). Dugald-Stewart parle d'une mémoire qui associe les idées par les ressemblances physiques, par la continuité de temps et de lieux , et d'une autre qui enchaîne les objets par la relation de cause et d'effet, de principe et de conséquence (2). Cependant il est impossible d'absoudre entièrement les philosophes, et même celui dont nous venons de parler , d'une tendance à envisager chacune des facultés qu'ils admettent dans Tintelligence comme une faculté indécomposable, lis allèguent que la nature de la fonction est absolument la même , quel que soit l'objet auquel la fonction s'applique ; que percevoir un son , ou percevoir une couleur c'est toujours percevoir, de même que se souvenir dun édifice ou d'une mélodie , c'est toujours produire un acte de mémoire. Ils inclinent donc à penser qu'avec une attention également répartie sur tous les objets, chacun de nous deviendrait capable de les percevoir avec un égal succès. Ils traitent le plus souvent de la mémoire comme d'une faculté propre à tout chez tous (3) , et quand ils décrivent l'imagination, ils ont l'air de la regarder comme susceptible de produire chez le même individu, suivant son choix ou les circonstances extérieures, la conception d'une statue, d'un temple^ d'un tableau, d'une symphonie, d'un discours ou d'une épopée. Or , l'expérience dément

(1) T. IV, p. 131.

(2) Philosophie de l'esprit humain, (rad. fr., t. 2, p. 218. (3) //'/'/., t. I, p. 210.

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