Q2 L)E LA CONSCIENCE
eh proportion inverse ou au moins différente lune de l'autre? Posons la question à l'égard du plaisir et de la peine : jouir est-il un phénomène qui se sépare de la connaissance qu'on en possède? est -il possible de jouir sans le savoir? jouir et savoir qu'on jouit, n'est-ce pas une seule et même chose absolument indivisible? Les phrénologistes à l'exemple des philosophes, ont méconnu cette identité. « Il faut distinguer , dit Spur- )) zheim , les douleurs ou les impressions douloureuses » d'avec la conscience qu'on en a (1). » Est-ce qu'il peut y avoir en nous une douleur que nous ignorions ? Veut-on parler de l'action sur les nerfs d'où résulte la douleur? Sans doute nous pouvons ignorer cette action, c'est-à-dire qu'il peut n'en pas résulter de douleur, comme dans l'évanouissement ou lextase; mais alors, on ne dit pas quil y ait douleur, on donne au contraire à jeet état le nom d'apathie. D'où vient donc que nous comptons en philosophie deux facu'.tés : 1" la sensibilité; 2' la conscience de la sensibilité. N'y a-t-il pas là un dédoublement, par abstraction, comme quand nous disons : je sens une douleur , au lieu de dire simplement : je souffre. Ne faut-il pas dire avec Malebranche : « C'est la môme chose à )) lame de recevoir la manière d'être qu'on appelle » la douleur, que à' apercevoir la douleur , puisqu'elle )) ne peut recevoir la douleur d'autre manière qu'en )) l'apercevant (2). » Nous pouvons encore invoquer en faveur de cette opinion rautoritê du successeur de Dugald-Stewart , de Thomas Brown , encore trop
(1) Oh»., p. 9.
[(2) De la Rerhtrche de In vcr.t\ IJY. I* ; cliap..I, S 1;