‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 43 sur 115 · FACULTÉ INTERPRÉTATIVE · texte numérisé non relu

FACULTÉ INTERPRÉTATIVE

Dans ce second cas , la différence des langues viendrait encore d'une cause naturelle , et non d'un choix arbitraire.

La langue dun peuple n'est pas constituée seulement par sa faculté interprétative ; elle est le reflet de toutes les facultés de son esprit. S'il est fort occupé des objets de la perception physique , sa langue contiendra beaucoup de mots concrets et individuels; s'il aime à se laisser entraîner à la pente de la généralisation, sa langue s'enrichira d'un grand nombre de mots généraux et abstraits. S'il n'est pas avancé dans l'analyse des idées, ses mots exprimeront beaucoup de choses à la fois et il aura des déclinaisons et des conjugaisons très-compliquées ; s'il a eu le loisir et le goût de la réflexion , il exprimera les rapports des substantifs non par leur désinence, mais par des prépositions, et il rendra le mode , le temps , le nombre et la personne des verbes non plus par des appendices au radical mais par des pronoms et des auxiliaires.

Quoi qu'il en soit de l'origine des radicaux et des désinences, la tendance naturelle à produire des interjections qui sont déjà articulées , tendance qui se remarque chez les enfants avant la fin de la première année, et même chez les sourds-muets, l'attention parti- /îulière que les enfants apportent à la parole qu'ils entendent , l'emploi universel des articulations chez les peuples même les plus barbares , tout cela nous prouve assez que le langage naturel comprend non-seulement le jeu de la physionomie et les gestes, mais encore des articulations , quand même il faudrait reconnaître, ce

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