THÉORIE PHRÉNOLOGIQDE DD LANGAGE
qui est douteux , rintervention de la liberté humaine dans le choix de telles ou telles articulations.
S 12. Théorie phrénologique du langage.
« * Sur ce beau .problème du langage, la phrénologie n'a
produit que des ténèbres et des contradictions : le docteur Gall commence par dire : « Chaque langue soit com- » posée de gestes et de sons, soit articulée, est un produit )) naturel des sentiments et des idées intérieures (1). » Le docteur semble ici regarder le langage non comme le fruit d'une faculté particulière , mais comme le résultat de toutes les facultés. Ailleurs il étabht pour le langage trois facultés particulières et distinctes : « 1° le talent )) de la mimique qui règle la démarche, le geste, le son » de la voix, fournit les intonations justes et les gestes » appropriés aux paroles, et donne l'expression et la )) vie aux ouvrages de l'art (2) ; 2" le sens des mots ou )) le sens des noms , mémoire des mots , mémoire ver- » baie ; 3' le sens du langage de parole, ou le talent de » la philologie (3). »
Il sulTit d'une réaction des facultés intellectuelles ou affectives sur la faculté motrice, et par elle, sur l'organe de la voix et sur les membres du corps , pour expliquer le geste , l'accent de la voix et de l'articulatioif involontaire , c'est-à-dire le langage incompris de celui
(3j T. i, p. OS-IU.
THÉORIE PHRÉNOLOGIQUi^. DU LAîSGAGE. 153
qui le parle ou que nous produisons sans eu avoir Fintelligence. Nous ne voyons donc pas la nécessité d'une faculté mimique , diiTérente de la jTorce motrice pour la production de ces phénomènes. 11 ne faut de faculté spéciale que pour les comprendre ou les interpréter. Spurzheim serait de notre avis sur ce point, car il a rédmt là faculté jiiùnique de Gai 1 à un simple amour de l'imitation, laissant à chaque faculté le soin de se manifester au dehors par des expressions qui lui sont propres. « Toute faculté étant active, dit-il, mani- )) feste son activité par des signes extérieurs... La tête )) est ordinairement portée dans la direction du siège de » l'organe... (1). » Quant au sens des tnots et an sens du langage de parole , Gall a voulu désigner par ces dénominations un peu semblables, dim côté, la mémoire des mots et de l'autre l'intelligence de la parole, ce qui est une distinction fondée en expérience.
Mais au sujet de l'intelligence de la parole, le docteur laisse voir bien des tergiversations.
D'abord, il ne donne nulle part une explication satisfaisante^ de ce qu'il entend par ces termes. Il ne fait point ressortir le caractère interprét?Aif de la faculté du langage. Il attribue à cette faculté la rédaction des dictionnaires, qui pourrait tout aussi bien appartenir à la mémoire des mots, et le besoin d'écrire Ihistoire, d'approfondir les antiquités, qui n'a pas un rapport spécial avec la faculté interprétative. Quant à la question de savoir si la parole est d'institution naturelle ou d'invention arbitraire, le docteur Gall émet succf issivement l'une et l'autre solution. Il dit, d'une part , qufi les animaux ont un langage arti-
(1) Obs., p. »o et 301.
15t THÉORIE PHnÉNOLOGIQUE DU LANGAGE.
culé (1) , que le langage des sons est naturel (2) , et de l'autre, que le langage de parole est de tous les signes artificiels \)o^sib\cs, leplus commode à employer(3), et il parle de signes «7Z»if/YZi/'e5, tels que le langage de parole (4). Ailleurs il revient à l'opinion que le langage est le résultat de toutes les facultés. « Tous les signes pos- )) sibles , le langage d'action , aussi bien que celui de » parole, sont un produit de Factivité des facultés... » Il est dans la nature de l'homme et de l'animal de » produire des sons ou des signes dès qu'ils sont alTec- )) tés(o), 1) et enfin il trouve le moyen de confondre deux doctrines différentes dans une seule phrase : c- Le )) langage de parole est un effet de nos facultés inté- » Heures , et un organe particulier du cerveau préside )) à cette admirable fonction. » Si le langage de parole est un effet général des facultés, il n'est pas le produit d'une faculté spéciale ou d'un organe particulier.
Cette incertitude des maîtres a jeté les disciples dans la perplexité.
Spurzheim distingue un langage naturel et un langage arbitraire. Le premier lui paraît le résultat de toutes les facultés, et le second, le produit d'une faculté spéciale.
« Toute faculté étant active , dit-il , manifeste son )) activité par des signes extérieurs qui sont compris » de tous les êtres doués de la même faculté (6)... La
(2) /&., p.Oi.