THÉORIE PHUÉINOLOGIQUE DU LANGAGE
faculté de sentir ou de penser , n'est pas la faculté d'interpréter.
Spurzjiieim aurait donc bien fait , à ce qu'il semble , de constituer à part une faculté du langage naturel, c'està-dire une faculté d'interprétation, car ne l'oublions pas, la faculté du langage est d'abord interprétative : nous n'employons volontairement un signe, qu'après l'avoir d'abord interprété involontairement, et parce que nous supposons que les autres l'interpréteront de la même manière. ■-
Voyons maintenant l'opinion de Spurzheim sur le langage artificiel : « L'homme , dit-il , a un langage naturel , » mais il inve?ite encore des signes artificiels poiir commu- » niquer ses sensations et ses idées. Ce langage arbitraire » emploie toutes sortes de signes écrits ou imprimés. )) Les chimistes j les arithméticiens, les mathématiciens, » les géomètres , les géographes , les musiciens , les » mécaniciens, ont leurs signes muets, qui leur servent à » s'expliquer de la manière la plus simple et la plus abré- )) gée. On se donne des avis à de grandes distances par )) le simple mouvement de quelques leviers , par des » feux, etc. (1). Les hommes p/e/è/e/?^ les langues vocales » parce qu'elles sont plus commodes ; mais si ce moyen de » communication vient à leur manquer, ils ont recours à )) des signes calculés pour les yeux, comme fout les sourds- » muets (2)... Les hommes, par leurs facultés réflectives, )) conviennent de la nécessité d'avoir des signes arbi- )) traires; ces ?>\gui^s peuueut être vocaux; mais ceux w qui s imaginent que les sons articulés ont une signifi-
(2) Ot#., p. 850.